Yves Provencher/Métro Le maire Coderre et les ministres Pierre Moreau et Sam Hamad ont confirmé l'investissement de 9M$.

Après avoir été menacée d’être coupée de moitié, l’enveloppe de 9M$ remis à la Ville de Montréal par le gouvernement provincial pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale est finalement renouvelée pour un an, jusqu’au 31 mars 2016.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau et le maire de Montréal, Denis Coderre, en ont fait l’annonce jeudi.

Cette enveloppe, issue du Fonds québécois d’initiatives sociales, risquait d’être coupée de moitié dans le cadre de la révision des programmes provinciaux, dans les derniers mois. «La première personne qui m’a alerté de cette situation, c’est le maire Denis Coderre», a indiqué M. Moreau.

Depuis les derniers mois, les groupes communautaires et l’opposition officielle à la Ville de Montréal faisaient d’ailleurs pression sur l’administration pour que cette enveloppe soit renouvelée dans sa globalité, à défaut de quoi les services aux citoyens seraient compromis, disaient-ils. «Jusqu’à la mi-décembre, on nous disait que le 9M$ serait reconduit sans problème pour 2015, se souvient Nathalie Fortin, présidente de la Coalition montréalaise des tables de quartier, dont les membres bénéficient directement de cette subvention. Puis, au début janvier, ce n’était plus du tout ça. On nous disait qu’on allait en perdre la moitié ou la totalité.»

Elle affirme que cette enveloppe de 9M$ «répond directement aux besoins de près de 350 000 citoyens» en matière de lutte contre la pauvreté, autant dans des projets en sécurité alimentaire, de lutte contre la toxicomanie, en persévérance scolaire, en logement ou démocratie citoyenne.

Le maire a alors insisté auprès de Québec pour assurer le renouvellement du programme, faisant valoir que «la Ville avait déjà accepté de contribuer à l’effort de redressement des finances publiques à hauteur de 75M$» dans le cadre du dernier pacte fiscal avec le gouvernement, a indiqué le maire. «Il [avait] tout à fait raison, a réagi M. Moreau jeudi. Alors, lorsque le maire m’a informé de cette situation, j’ai immédiatement communiqué avec François Blais [ancien ministre de l’Emploi et la Solidarité sociale] et, avec Sam Hamad [alors ministre du Travail], ils ont été capables de rétablir à 100% le financement du gouvernement», a expliqué le ministre Moreau.

Le maire Coderre, qui a remercié le gouvernement pour sa décision, a rappelé que dans le cadre de la négociation du statut de métropole, qui doit se conclure cette année, il était important pour lui de pouvoir se concentrer sur ces efforts plutôt qu’à retrouver l’argent qui aurait pu être perdu.

«Si pendant cette année on n’avait pas eu les coudées franches et qu’il avait fallu mettre plus d’énergie pour sauver les meubles que pour bâtir la maison, on aurait eu un problème. Et en même temps on s’assure de protéger les gens dans le besoin», a-t-il dit en conférence de presse.

Les organismes communautaires ont poussé un soupir de soulagement, à la suite de cette annonce. «Certains pensaient certainement devoir couper des postes [au sein des organismes] et le service au citoyen n’aurait alors pas pu être donné, a avoué Mme Fortin. On reçoit différentes enveloppes financières [via les ministères], tout ça se soutient mutuellement, et si on enlève un morceau, le château de cartes peut s’effondrer.»

L’intervenante est heureuse que la Ville ait «sauvé les meubles», mais regrette que les organismes restent dans l’ignorance concernant la suite du programme en 2016.

Pour le maire Denis Coderre, ce renouvellement du programme pour un an est une «mesure transitoire» en attendant le statut de métropole dans lequel la lutte à la pauvreté fera également partie des négociations avec le gouvernement.

L’enveloppe de 9M$ finance plus de 317 organismes de lutte à la pauvreté et à l’exclusion, comme RAP Jeunesse, le Centre d’action bénévole Bordeaux-Cartierville et le Fourchettes de l’espoir. En tout, 75% de ce 9M$ se rend directement dans les 19 arrondissements de Montréal qui sélectionnent des projets qui leur ont été soumis par les organismes. Le 25% restant est géré par la ville-centre qui le redistribue à des projets d’ampleur régionale, soit des groupes avec des missions montréalaises, comme les Magasins partage.

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