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MONTRÉAL – La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a démantelé deux branches majeures d’un réseau qui se livrait essentiellement à la traite de femmes asiatiques à des fins de prostitution au Canada.

Les opérations policières, qui se déroulaient depuis vendredi, se sont conclues mercredi.

Les policiers décrivent le tout comme étant une «organisation criminelle internationale de souche asiatique», impliquée dans «le passage clandestin et l’exploitation sexuelle de jeunes femmes» dans diverses maisons closes.

Les victimes proviennent principalement de la Corée et de la Chine. Aidées par l’organisation, elles entraient illégalement au Canada soit de façon clandestine, soit avec des visas d’étudiant ou de visiteur obtenus sous de faux prétextes.

«Elles étaient prises en charge, contrôlées et exploitées par un réseau de prostitution à travers le Canada, a expliqué le gendarme Érique Gasse en conférence de presse à l’aéroport de Saint-Hubert. On exploitait les victimes pendant plusieurs semaines dans un même endroit, puis on les transportait ailleurs au pays pour continuer ce même manège, toujours dans des conditions épouvantables.»

Le réseau pancanadien de maisons closes était présent à Montréal, Halifax, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver.

«Après quelques semaines, voire quelques mois, les jeunes filles étaient retournées dans leur pays d’origine», a précisé le gendarme Gasse, qui a ajouté que le nombre exact de victimes restait à déterminer mais que la GRC l’estimait à plus de 500.

Le policier a également indiqué que l’analyse des ordinateurs et des cellulaires saisis pourrait permettre aux enquêteurs d’obtenir une liste de clients.

L’opération, qui a donné lieu à 16 perquisitions et mené à six arrestations, s’est déroulée en trois phases dans la grande région de Montréal et à Toronto.

L’opération policière a permis de mettre main au collet des principaux dirigeants du réseau. Ils feront face à des accusations multiples liées au proxénétisme et à l’exploitation sexuelle.

D’autres accusations liées à la Loi sur l’immigration, à la protection des réfugiés et au gangstérisme pourraient s’ajouter ultérieurement.

Quatre des accusés sont de la région de Montréal, soit Kai Chen, 37 ans, et Nan Wy, 33 ans, tous deux de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, et Le Yu, 38 ans, et Anyang Cui, 26 ans, tous deux de Montréal.

Les deux autres, Daegun Chun, 46 ans, et Ying Li, 31 ans, sont de Toronto.

Deux autres suspects sont recherchés dont une résidante de Montréal, Mélanie Williams-Johnson, 20 ans. Une des deux personnes recherchées aurait également tenté de recruter des mineures pour le réseau de prostitution.

Les présumées têtes dirigeantes, arrêtées mercredi à Toronto, comparaîtront jeudi au palais de justice de Montréal. Les autres accusés, arrêtés à Montréal les 27 et 30 mars, ont comparu plus tôt cette semaine.

Par ailleurs, deux clients arrêtés sur place au moment des opérations, et qui n’ont pas été identifiés, ont été relâchés et devront comparaître plus tard sous des accusations de s’être trouvés dans une maison de débauche.

Les perquisitions ont également permis aux policiers de saisir deux véhicules et une importante somme d’argent.

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