photcal.com Le nombre de titres de transport en commun dans le Grand Montréal est évalué à plus de 500.

La Société de transport de Montréal (STM) surveille de près les projets d’applications mobiles qui permettent aux usagers du transport en commun d’acheter leurs titres avec leur téléphone intelligent. Elle souhaite toutefois attendre que cette technologie soit éprouvée avant de l’offrir à sa clientèle.

«On ne veut pas être les précurseurs, a indiqué le directeur du marketing de la STM, Pierre Bourbonnière, en marge d’un congrès sur l’Association québécoise des transports, qui s’est tenu la semaine dernière au Palais des congrès de Mont­réal. On veut vraiment voir ce qui se passe dans le marché. On veut apprendre des erreurs des autres. Lorsqu’on est [les leaders], on peut se casser le nez et ça peut coûter très cher.»

La technologie évoluant à la vitesse grand V, la STM s’attend à ce que d’ici deux ou trois ans, une application mobile d’achat de titres répondra à ses besoins. Elle a d’ailleurs mis au défi ses fournisseurs de concevoir une application qui pourra, entre autres, assurer la sécurité des transactions et surtout empêcher les fraudes. La carte Opus a fait en sorte que le taux de fraude dans le réseau de la STM chute de 5% à moins de 1%, d’après une étude réalisée en 2011 et 2012. La STM refuse de faire marche arrière.

Les autres autorités organisatrices de transport (AOT) qui ont adopté la carte à puce Opus participent aussi à la réflexion entourant les nouvelles technologies et l’achat de titres de transport. L’Agence métropolitaine de transport examine pour sa part la technologie Near Field Communication (NFC), que contient notamment le téléphone iPhone 6 d’Apple.

«On attend de voir si cette technologie va se démocratiser parce qu’elle nous permettrait d’utiliser les lecteurs à puce que l’on a en ce moment, a dit la porte-parole de l’AMT, Fanie Clément Saint-Pierre. Si on décidait de prendre une technologie avec un lecteur infrarouge, [qui est très répandue], ça nous obligerait à acheter une nouvelle technologie pour tous nos lecteurs de carte et de titre. Ce n’est pas ce qu’on souhaite faire pour l’instant.»

Plusieurs sociétés de transport américaines offrent déjà la possibilité à leurs usagers de s’acquitter du paiement de leurs titres de transport à l’aide d’un téléphone intelligent. Les villes de Dallas, Boston, Portland, et San Diego sont du nombre.

D’après le professeur du département de mathématique et de génie industriel de Polytechnique à Montréal, Martin Trépanier, le paiement mobile dans les réseaux de transport en commun est une avenue que les sociétés de transport québécoises ne pourront pas éviter.

«C’est clair que c’est quelque chose qui s’en vient, a-t-il dit. La technologie le permet. C’est sûr qu’il y aura des investissements à faire. C’est peut-être ce qui rebute les sociétés de transport.»

D’après M. Trépanier, le paiement mobile offrira davantage de convivialité aux usagers du transport en commun, tant réguliers qu’occasionnels, qui réclament toujours plus de flexibilité. Ils pourront notamment éviter les files d’attente au début du mois.

Carte Opus
Lorsque le paiement mobile de titre de transport à l’aide d’un téléphone intelligent sera offert à Montréal, il ne signifiera pas la mort de la carte Opus.

«On sait qu’on ne peut pas éliminer une carte Opus, a dit le directeur du marketing de la STM, Pierre Bourbonnière, en évoquant notamment les aînés. On va maintenir les moyens traditionnels aussi longtemps que possible et aussi longtemps que la clientèle va le demander. Sinon, on doit trouver une solution de rechange.»

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