Yves Provencher/Métro

La Société de transport de Laval (STL) teste actuellement une application mobile qui aidera des personnes ayant une déficience intellectuelle légère ou un trouble envahissant du développement à se déplacer en transport en commun.

L’application Compagnon contiendra des fonctionnalités qui permettront d’aviser ces usagers à chaque étape de leur déplacement. Ainsi, des icônes et une carte leur indiqueront quel chemin prendre pour se rendre à l’arrêt de bus ou même à destination. Un mode vibration les informera à quel moment ils devront descendre de l’autobus, et une fonction de «text-o-speech» les avertira oralement si le service est perturbé.

Les utilisateurs de l’application Compagnon devront a priori planifier leur déplacement et le programmer. S’ils se trompent en cours de route ou si le service est perturbé, un bouton d’aide leur permettra de communiquer en tout temps avec le Centre de service à la clientèle de la STL.

«Si on peut enlever un utilisateur du transport adapté pour le faire migrer vers le réseau régulier, c’est un plus parce qu’il libère une place pour une personne qui ne peut pas se priver du transport adapté et ça lui donne un sentiment d’autonomie», a indiqué le conseiller en innovation et technologie de la STL, Kevin Machabée.

Pour concevoir l’application Compagnon, la STL a travaillé avec le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en trouble envahissants du développement (CRDITED) de Laval pour, notamment, choisir les fonctionnalités. «Ils nous ont ramenés sur terre parce que, parfois, on a eu tendance à materner ces gens-là», a dit M. Machabée. Des chercheurs de l’Université de Barcelone ont aussi donné un coup de main puisqu’ils ont déjà conçu une application mobile pour un collègue malvoyant qui souhaitait se déplacer en métro.

L’application Compagnon est présentement mise à l’épreuve par la STL. Dans les prochains mois, des usagers, qui seront recrutés par le CRDITED de Laval, la testeront en service voyageur. «On va ajouter des gens tranquillement d’ici l’automne, a fait savoir Kevin Machabée. Pour commencer, ça va être un échantillon de 10 à 15 personnes. Il faut prendre le temps d’évaluer les besoins et les charges de travail pour nous.»

À l’heure actuelle, plusieurs obstacles empêchent des personnes ayant des déficiences intellectuelles de prendre les transports en commun sans être accompagnés. La coordonnatrice de l’Association de Montréal pour la déficience intellectuelle, Julie Bincteux, a notamment évoqué l’analphabétisme, l’anxiété et la vulnérabilité. «Il y a des situations qui peuvent mener à des abus, a-t-elle dit. Il faut qu’elles apprennent à imposer leurs limites, à dire non et à se référer à des personnes de confiance.»

D’après Mme Binteux, une application mobile ne pourra pas aider toutes les personnes ayant des difficultés particulières à prendre les transports en commun seules, car elles n’ont pas toutes les mêmes capacités.

La STL a en plus développé une version grand public de son application. Elle portera le nom de Compagnon + et permettra à ceux qui ne sont pas familiers avec son réseau de bus, tels que des étudiants et des personnes âgées, de se déplacer. Elle ne sera toutefois pas reliée au Centre de service à la clientèle de la STL. Son lancement aura lieu dans les prochains mois.

C’est l’ancien directeur général de la STL, Pierre Giard, qui a eu l’idée de concevoir une application mobile pour les personnes aux prises avec une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement. En 2011, il a assisté à une présentation au congrès de l’Union internationale des transports publics (UITP) sur des écoliers allemands ayant des difficultés particulières qui utilisaient le service régulier de bus grâce à une application mobile. «Il a trouvé le projet intéressant et s’est demandé pourquoi on ne ferait pas cela nous aussi», a rapporté Kevin Machabée.

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