Yves Provencher/Métro

Des parents réprouvent les abolitions de postes que s’apprêtent à faire la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

«On est outrés par la quantité, a déclaré mardi la vice-présidente aux communications du Comité de parents de la CSDM, Eve Kirlin. Le blâme ne revient pas à la CSDM, mais bien au ministre qui demande ces compressions. C’est bien évident que ça allait se traduire par des coupes de postes.»

Le conseil des commissaires de la CSDM adoptera mercredi soir son Plan de l’effectif 2015-2016. D’après le quotidien Le Devoir, pas moins de 167 postes seront alors supprimés. Il est notamment question de secrétaires d’école, de concierges, de psychologues, de psychoéducateurs et de conseillers pédagogiques.

La CSDM n’a pas voulu confirmer l’ampleur des abolitions de postes qui seront réalisées d’ici la prochaine rentrée scolaire. Des discussions sont toujours en cours sur le sujet. La présidente, Catherine Harel-Bourdon, fera des commentaires à la suite de l’adoption Plan de l’effectif 2015-2016.

Les parents redoutent les impacts des suppressions de postes sur les enfants, particulièrement pour celles qui toucheront des professionnels qui facilitent leur apprentissage. «Ce sont des services qui sont très demandés et pour lesquels il y a une liste d’attente dans certains cas. Et là, on va en enlever», a fulminé Mme Kirlin. Cette dernière a aussi évoqué la perte de 25 à 40 postes de direction d’école, qui entraînera une baisse du soutien apporté aux enseignants.

Ces inquiétudes sont partagées par Québec solidaire. «On augmente le nombre d’élèves par classe, les enfants en difficulté, on ne considère plus leur difficulté et là, la commission scolaire, qui se fait couper des fonds par le ministre, coupe à son tour des psychologues et des conseillers pédagogiques. Je considère que c’est l’abandon de l’école publique par le gouvernement du Québec», a lancé la députée de Gouin, Françoise David. Elle a demandé à la CSDM de ne pas retrancher les postes qui offrent des services directs aux élèves. «Il me semble qu’il y a une frontière au-delà de laquelle on ne peut pas aller», a-t-elle dit.

La CSDM a convenu avec le ministre de l’Éducation, François Blais, que des recommandations du rapport réalisé par la firme Raymond Chabot Grant Thornton sur la situation financière de la CSDM seront appliquées.

«Les ressources à la CSDM sont beaucoup plus importantes qu’ailleurs, a dit mardi le ministre lors d’une mêlée de presse. Le rapport dit qu’il était possible de faire des coupes parce que les ressources seraient déployées différemment.»

«Il y a des éléments dans la gestion de la CSDM et dans les opérations financières qui doivent [aussi] être améliorés, a ajouté M. Blais.

Le comité de parents de la CSDM déplore qu’un rapport financier guide la gestion de la plus grande commission scolaire du Québec. «Ce n’est pas parce qu’une décision a du sens sur la ligne de total au bout d’une feuille Excel qu’elle a du sens dans nos milieux, a mentionné Eve Kirlin.

Françoise David souhaite pour sa part que des parents se mobilisent pour faire changer d’idée le ministre. «Le ministre n’écoute pas les enseignants, ni les commissions scolaires, a-t-elle dit. Je pense qu’il va être obligé d’écouter les parents.»

Les comités de parents de plusieurs commissions scolaires – provenant notamment de l’île de Montréal, de Laval et des Basses-Laurentides – se préparent à répliquer au ministre Blais. Des actions seront menées «le plus tôt possible», a fait savoir Eve Kirlin.

 

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