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Denis Coderre est désormais en faveur du projet d’inversion du flux de l’oléoduc 9B entre l’Ontario et le Québec.

C’est ce qu’il a indiqué en conférence de presse jeudi après l’assemblée du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Un peu plus tôt, l’Office national de l’énergie (ONÉ) avait annoncé que la société Enbridge devra finalement réaliser des tests hydrostatiques pour obtenir l’autorisation d’inverser le flux de son oléoduc.

«Que ce soit pour les demandes en matière de transparence, pour les plans d’urgence et maintenant les tests hydrostatiques, on a gagné sur toute la ligne», a déclaré le maire de Montréal en référence aux trois conditions demandées par la CMM avant de donner son accord au projet. Il s’agissait de la fin des ententes de confidentialité entre Enbridge et les municipalités, la réactualisation des plans d’urgence et la réalisation de tests hydrostatiques.

Un test hydrostatique consiste à envoyer de l’eau dans le pipeline à la pression maximale prévue dans l’exploitation future pour vérifier l’existence de fissures. «La canalisation 9B est située dans une zone très urbanisée irriguée par de nombreux cours d’eau; tout rejet ou déversement atteindrait rapidement le réseau hydrographique et toucherait un grand nombre de personnes. Un degré plus élevé de certitude est requis en ce qui a trait à l’intégrité, ou à l’état du pipeline pour démontrer qu’il peut être exploité en toute sécurité», a déclaré l’ONÉ dans un communiqué.

Enbridge refusait jusqu’ici de réaliser ce genre de tests, arguant que ceux réalisés à l’aide de censeurs et de robots envoyés dans le tuyau étaient suffisants pour détecter des défaillances dans l’oléoduc vieux de 40 ans. Enbridge veut inverser le flux dans l’oléoduc pour y faire circuler l’équivalent de 300 000 barils par jour de pétrole vers les raffineries de Montréal-Est et de Lévis. «Nous sommes convaincus que la canalisation 9 peut être exploitée de façon sécuritaire et nous allons remplir les conditions fixées par l’instance réglementaire», a déclaré l’entreprise par voie de communiqué.

La portion québécoise des tests hydrostatiques se fera sur le tronçon autour de Mirabel sur une longueur de 20km, car c’est là que l’entreprise a décelé le plus de faux négatifs, c’est à dire des faiblesses dans l’oléoduc qui n’ont pas été découvertes avec la méthode traditionnelle.

Le maire Coderre a aussi souligné la création d’un comité de vigie incluant Enbridge, la CMM et le gouvernement du Québec avec l’ONÉ comme observateur. «Il y aura de la surveillance au sol toutes les deux semaines, des évaluations techniques aux trois mois et une évaluation complète aux 18 mois, alors ça ne sera pas le party», a-t-il ajouté.

Si les environnementalistes se félicitent de la nouvelle, ainsi que du leadership de la CMM, ils soulignent néanmoins quelques lacunes. «On aurait aimé que les tests hydrostatiques se fassent sous la rivière des Outaouais où la corrosion est plus importante et où les éléments d’usure ont été multipliés par cinq entre 2004 et 2012», souligne Lorraine Caron, porte-parole de l’organisme Les Citoyens au courant qui milite de longue date pour la réalisation de ces tests.

Selon la réalisation de tests d’un projet concurrent (Energie Est de TransCanada), qui emprunterait sensiblement le même tracé, 27 prises d’eau de municipalités de la région montréalaise seraient touchées après 12 heures en cas de déversement.

Certains citoyens soulignent aussi que les montréalais n’y trouveront pas forcément leur compte économiquement parlant. «Selon la présentation qui nous a été faite par les représentants des deux raffineries de Montréal-Est et Lévis, le tiers seulement du flux sera traité à Montréal. Le reste sera envoyé par bateau à Lévis à raison de trois trajets par semaine. Ça va augmenter les risques sur le Saint-Laurent», affirme Vincent Marchione, un membre de Vigilance oléoducs.

 

M. Bonin fait référence à un rapport de L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique que l’on peut lire ici.

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