À l’approche des élections fédérales, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) exhorte l’administration de la Ville de Montréal à réaliser des «interventions plus convaincantes» et faire davantage pression sur le gouvernement pour la protection du logement social et du logement locatif à Montréal.

Une trentaine de militants du FRAPRU étaient présents lundi matin devant l’hôtel de ville au cours d’une «action-tintamarre» pour réclamer des investissements supplémentaires dans le logement social à Montréal. Tous les accès à l’hôtel de ville ont été bloqués par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour l’occasion, ce qui a surpris le porte-parole du FRAPRU, François Saillant. «À ma connaissance, ce n’est pas nous qui faisons des actions violentes. On sait qu’on fait des actions dérangeantes, mais ça ne justifie en rien une telle présence policière. Faut croire qu’on a de l’argent à dépenser à Montréal», a commenté M. Saillant, rappelant que le SPVM était aussi présent pour démanteler le campement que l’organisme avait érigé en mai dernier.

En s’appuyant sur des données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le FRAPRU déplore qu’il n’y ait eu que 36 logements locatifs mis en chantier depuis le début de l’année 2015. En comparaison, François Saillant a indiqué lundi matin que c’est pourtant près de 1000 unités du genre qui ont été construites dans la Ville de Québec dans la même période, demandant du même coup à l’administration montréalaise d’agir plus fortement dans la construction de logements.

M. Saillant se dit déçu de la réaction du maire de Montréal, Denis Coderre, après le dépôt du dernier budget des gouvernements fédéral et provincial, alors qu’il avait tenu un discours favorable au logement social auparavant, dit-il. «[Ces budgets] comprenaient des reculs pour le logement social. On a quand même reculé de 3000 à 1500 le nombre de logements sociaux financés par le gouvernement québécois et le maire Coderre a trouvé qu’il y avait une bonne nouvelle là. On cherche encore la bonne nouvelle. Le budget fédéral, c’était le dernier budget conservateur où ce gouvernement avait la chance de poursuivre les subventions aux logements sociaux existants, or, on sait qu’il y a plus de 20 000 logements qui vont perdre leurs subventions à Montréal dans les prochaines années», a déploré M.Saillant.

Bien qu’il reconnaisse que Montréal ne vive plus une crise du logement comme celle survenue au début des années 2000, le porte-parole soutient qu’on en subit toujours les conséquences, notamment dans le coût des loyers. «Cette pénurie a aggravé la situation du logement, de telle sorte qu’on se retrouve aujourd’hui avec 53 000 locataires montréalais qui consacrent plus de 80% de ses revenus pour se loger», soutient M. Saillant.

Le FRAPRU a érigé symboliquement une tente aux abords de l’hôtel de ville, lors de cette manifestation. Cette même tente avait également servi au campement de l’organisme en mai dernier.

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