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Le milieu culturel s’inquiète de l’absence d’encadrement de la production culturelle canadienne sur le web à travers les «prédateurs» comme YouTube et Netflix et souhaite qu’une réflexion s’amorce pour mousser le contenu canadien dans la jungle d’internet.

«Il y a une urgence de s’occuper de ce qui s’appelle l’univers numérique. C’est totalement le free for all», a illustré jeudi Alain Saulnier, journaliste et membre du conseil d’administration de Culture Montréal.

Dans le cadre de la campagne électorale fédérale, l’organisme a rendu public sa plate-forme qui recense ses principales demandes aux partis politiques fédéraux et dans laquelle elle recommande notamment la création d’une stratégie culturelle numérique pour protéger le contenu culturel canadien en ligne.

«Il y a une différence marquée entre les conditions de travail des réalisateurs du milieu traditionnel et ceux qui essaient de percer sur le web, a assuré Caroline Fortier, directrice générale de l’Association des réalisateurs et réalisatrice du Québec (ARRQ). Les fonds qui existent exigent souvent de fournir un contenu déjà réalisé avant d’obtenir une subvention. Les équipes peuvent investir des montants aussi gros que 50 000$ avant d’être remarquées.»

Pour renflouer les coffres de la production web et assurer la présence de la culture canadienne sur internet, Culture Montréal propose de mettre à profit les outils qui nous permettent de regarder ce contenu: les téléphones et les tablettes. Au même titre que les câblodistributeurs perçoivent une redevance qui finance la production de contenu canadien à la télévision, l’organisme suggère d’instaurer une redevance sur l’achat des téléphones intelligents, des tablettes ou sur un abonnement à internet. Une proposition qui avait été rejetée en 2011 lors d’une révision législative.

Au-delà du financement, «pour que le contenu canadien soit vu sur internet [à travers les géants comme YouTube et Netflix], il faut prendre les moyens», ajoute Jérôme Payette, directeur général de l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM) qui déplore le manque de volonté politique pour penser à la question.

«Ne pas réglementer internet équivaux à déréglementer l’ensemble du milieu culturel.» – Jérôme Payette, directeur général de l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM)

«L’imposition de quotas ne fonctionnerait peut-être pas pour des sites comme Spotify (écoute de musique en continu), mais y a-t-il quelque chose à faire pour que notre culture soit mise de l’avant sur la page d’accueil? C’est difficile à dire, mais il faut amorcer la réflexion et personne ne l’a fait», insiste M. Payette.

«Les supports CD ne se vendent plus, on va de plus en plus vers les sites de musique en continu. Quand ces sites seront complètement implantés et que 90% des écoutes se fera sur ces plates-formes, comment des artistes comme Ariane Moffatt ou autre vont pouvoir vivre avec 1¢ par 100 diffusions de sa chanson? Ça ne tient pas la route et il faut y remédier», a quant à lui fait part Martin Roy, président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

 

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