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S’il y a un consensus autour de la reconnaissance des conséquences néfastes de la congestion automobile, qui ont coûté près de 1,4G$ en 2009 à la région de Montréal, les solutions avancées pour tarifier l’usage du réseau routier ne font pas l’unanimité.

Un débat entourant les péages a été organisé jeudi par le Forum Urba de l’Université du Québec à Montréal et la Commission de l’écofiscalité du Canada, qui a rendu public la semaine dernière un rapport à ce sujet.

Les solutions pour endiguer la congestion automobile sont multiples, d’après la directrice générales du Conseil régionale de l’environnement, Coralie Deny, qui a notamment évoqué les péages, mais aussi la gestion du stationnement.

«On ne pourra pas aller de l’avant avec des démarches [de tarification] si on ne fait pas de pas de géant en terme d’offres de transport collectif», a toutefois mis en garde Mme Deny.

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a rapporté qu’une majorité des gens d’affaires sont prêts à assumer une augmentation de taxes si les revenus servent à financer les transports en commun.

La forme que prendra cette tarification sur la congestion est importante, insisté M. Leblanc. Il a rejeté le péage-cordon sur les ponts qui relient l’île de Montréal aux banlieues en arguant qu’il pourrait avoir pour effet de créer «un trou de beigne» dans la région de Montréal.

«Le dispositif économique d’ici ne va pas faire en sorte que [les péages] vont générer des déplacements vers Montréal», a dit M. Leblanc.

À court terme, le président de la Chambre de commerce préconise une hausse de la taxe d’accise sur l’essence et l’imposition de la taxe sur l’immatriculation à l’échelle métropolitaine et non seulement montréalaise. La taxe kilométrique, qui ferait en sorte que les automobilistes payeraient selon le kilométrage qu’il parcourrait, pourrait aussi s’avérer une bonne solution, selon Michel Leblanc

«Toute politique de tarification de la congestion doit être efficace, efficience, simple et peu coûteuse. Elle doit s’accompagner en amont d’investissements en transport collectif.» – Florence, Junca-Adenot, professeur en études urbaines et directrice du Forum Urba, qui a évoqué l’exemple des villes de Stockholm et de Londres où «des alternatives ont été données à ceux qui étaient soumis à la tarification».

Le péage cordon est également redouté par le président de l’Association des camionneurs du Québec, Marc Cadieux, qui craint les pertes économiques. Ce dernier s’est dit ouvert à l’idée de tarifer les automobilistes pour leur utilisation du réseau routier, mais des précisions doivent être apportées.

«Serions-nous prêts à faire comme à Stockholm et imposer un tarif maximum par jour pour les véhicules de livraison? a notamment demandé le porte-parole des camionneurs. Est-ce que la taxe kilométrique devrait s’appliquer à tous les transports sur l’île?»

D’après M. Cadieux, «un plan de match global» doit être mis en place si le principe de l’utilisateur-payeur est appliqué aux automobilistes. C’est aussi l’avis du professeur de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, qui a souligné que le gouvernement du Québec ne parle plus de la stratégie pour la mobilité durable. Celle-ci pourrait faire partie de la solution pour diminuer le trafic routier, a dit l’universitaire.

M. Pineau, qui n’a fermé la porte à aucune mesure pour freiner la congestion routière, a mentionné que des «solutions à portée de main» pourraient être mises en place rapidement, notamment grâce au covoiturage 2.0 qu’il faut légaliser au plus vite, selon lui, et la gestion du stationnement.

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