Adrian Wyld/The Canadian Press Justin Trudeau a déposé des fleurs devant la Bataclan.

L’année 2015 a notamment été rythmée par les attentats en France, par une élection fédérale atypique et par la crise des migrants qui aura eu besoin d’une photo-choc pour arriver à trouver la place qu’elle mérite dans le tourbillon médiatique. C’est ce qui ressort du bilan annuel d’Influence Communication publié mardi. Analyse des 1,7 million d’articles, et de reportages publiés cette année au Québec.

1. Attentats à Paris
Les attentats du 13 novembre à Paris ont occupé 38% de l’espace médiatique québécois dans la semaine qui a suivi. «C’est presque autant que la tragédie de Lac-Mégantic», remarque Jean-François Dumas, PDG de la firme spécialisée en analyse médiatique qui note que l’intensité de couverture des attentats de Paris a été trois fois plus importante au Québec que dans le reste du Canada, où la nouvelle la plus couverte aura été l’élection de Justin Trudeau.

Si certains ont fait le parallèle avec le 11 septembre 2001, M. Dumas reste prudent et souligne que Twitter et Facebook n’existaient pas à l’époque. «Les réseaux sociaux provoquent un phénomène d’amplification. Quand ils s’emballent sur une nouvelle, cette dernière aura une couverture médiatique 19 fois plus importante dans les médias traditionnels», note Influence Communication.

2. Élection boudée
L’Élection fédérale la plus longue de l’histoire du Canada aura aussi été la moins suivie par les médias québécois. «Habituellement, la campagne électorale obtient un poids média de 10% à 15%. Or, au Québec, on n’a atteint ce niveau que dans les deux dernières semaines», souligne le directeur d’Influence Communication.

Fait marquant à noter cette année, ce n’est pas le chef le plus médiatisé qui a été élu. «Depuis le début des années 2000, c’est la première fois que nous voyons ça lors d’une campagne électorale, indique Jean-François Dumas qui souligne que durant la campagne, Stephen Harper a obtenu un poids media de 34%, contre 24% pour Justin Trudeau.

3. Une photo qui sauve
«Avant que la photo du petit Aylan Kurdi, trouvé mort sur une plage, ne fasse le tour du monde et illustre la dure réalité des migrants, 108 enfants étaient déjà morts de la même façon et pourtant personne n’en parlait», souligne Jean-François Dumas en citant le calcul du quotidien Libération. S’il souligne que cette photo a pu contribuer à faire réagir les décideurs publiques et la population, M. Dumas ajoute que la question des migrants arrivant par bateau est rapidement retombée dans un relatif anonymat.

Des chiffres parlants

  • Le prix de l’essence a occupé 1% des nouvelles au Québec en 2015, soit presque autant que le thème de l’Éducation (poids médiatique de 1,06%).
  • Avant d’être évincé pour avoir inventé des reportages, l’ex-journaliste François Bugingo générait 8% du contenu de nouvelles internationales au Québec.
  • Pendant la coupe de la CONCACAF, l’équipe de soccer de l’Impact a eu un poids médiatique 15 fois plus important au Mexique qu’au Québec. Nul n’est prophète en son  pays…
  • Malgré la conférence de Paris sur le climat, les médias québécois ont plus parlé d’automobile que d’environnement (poids média de 2,88% c. 2,41% en 2015, soit 20% de plus).
  • La thème de la pauvreté ne représente que 0,14% de la couverture médiatique au Québec. Et 72% du contenu est généré en une seule journée, lors de la Guignolée des médias.

 

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