Ion Etxebarria/Collaboration spéciale Isabelle Monast-Landriault et Martin Blanchard du RCLALQ.

Chaque année, quelque 40 000 locataires sont expulsés de leur logement au Québec. Une situation que décrie le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dans un rapport rendu public mercredi matin.

Délais
«Les délais au Québec atteignent le double de la moyenne canadienne», a affirmé en conférence de presse à Montréal la porte-parole du RCLALQ, Isabelle Monast-Landriault.

Ainsi, le regroupement soutient que le temps d’attente des locataires désirant entrer en contact avec la Régie du logement est en moyenne de 16 à 20 mois. Un facteur de dissuasion qui contribuerait à l’expulsion d’autant de locataires.

Le regroupement soutient que les propriétaires reçoivent un retour d’appel de la Régie plus rapidement que les locataires, mais l’avocat Kevin J. Lebeau, de l’Association des propriétaires du Québec (APQ), croit qu’il n’en est rien.

«On est exposés aux mêmes délais. Prétendre que les locataires sont les victimes, c’est une erreur», a-t-il déclaré à Métro. L’avocat a précisé qu’une plainte liée à des dommages matériels causés par un locataire n’est parfois pas entendue avant deux ans. «C’est un des délais les plus longs», s’indigne-t-il.

Financement
Le manque de financement gouvernemental a entraîné une baisse du personnel à la Régie du logement, ce qui nuit à la qualité de l’aide offerte aux locataires, regrette le travailleur communautaire au Comité logement de La Petite-Patrie Martin Blanchard.

«Les régisseurs travaillent sous pression. Parfois, ils manquent de sensibilité», se désole-t-il. Il rappelle que les problèmes de logement «heurtent les plus vulnérables» et affirme que le gouvernement «manque de volonté politique».

Recours juridique
Alors que les propriétaires sont protégés par des lois, «les locataires doivent se protéger sur la base de principes», déplore Martin Blanchard.

Le travailleur communautaire soutient que les locataires peuvent difficilement prouver devant les tribunaux les injustices subies, qui peuvent consister en des problèmes de chauffage, d’électricité ou d’insalubrité. «Ils doivent nécessairement recourit à un avocat», ajoute-t-il.

Les propriétaires, quant à eux, présentent dans la majorité des cas des demandes d’éviction pour loyer impayé, qui sont bien plus concrètes.

M. Blanchard dénonce également l’attitude «méprisante» de la Régie du logement à l’égard des locataires qui ont été «mis dehors».

Isabelle Monast-Landriault soutient quant à elle que la Régie du logement est moins rigide envers les propriétaires. «Les pièces de demandes de hausse de loyer sont acceptées sans vérification», dit-elle. Sur ce point, l’avocat Kevin J. Lebeau est catégorique. «Il y a vraiment deux côtés de la médaille. Ce n’est facile pour personne», réplique-t-il.

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