Chantal Levesque/Métro La Ville a dit vouloir interdire les sacs de plastique de moins de 50 microns à partir de 2018.

Devant l’interdiction annoncée des sacs à emplettes de moins de 50 microns, l’industrie des plastiques demande un sursis et fait une proposition médiane de sac.Alors que les projets d’interdiction des sacs de plastique se multiplient, l’industrie a obtenu une rencontre demain avec Recyc-Québec et des représentants du gouvernement.

«Ce qui ressort, c’est que Recyc-Québec commandera une étude sur les sacs de plastique afin d’avoir des données probantes d’ici la fin de l’année. Il sera fortement recommandé aux municipalités d’attendre d’avoir les données scientifiques de l’étude avant de bannir ou de réglementer les sacs à emplettes», indique Marc Robitaille, porte-parole de l’Association canadienne de l’industrie des plastiques (ACIP).

Recyc-Québec confirme prévoir «effectuer prochainement une analyse du cycle de vie environnementale et économique, plus approfondie, dont l’objectif est de répondre aux enjeux québécois entourant le bannissement de sacs de plastique à usage unique». Il s’agira d’offrir aux municipalités tous les éléments pour prendre une décision éclairée.

Du côté du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, son attachée de presse Marie-Ève Pelletier confirme qu’«une demande de moratoire a été faite». Elle précise toutefois «que le gouvernement croit en l’autonomie des municipalités et va analyser la demande en ce sens». L’ACIP parle plutôt de demande de sursis.

Cet hiver, l’administration Coderre a déclaré vouloir interdire les sacs de plastique de moins de 50 microns à partir de 2018. Le règlement doit toutefois faire l’objet d’un vote au conseil municipal avant d’être adopté.

Malgré les démarches de l’ACIP, Réal Ménard, l’élu responsable de l’environnement à la Ville, indique maintenir le cap avec l’interdiction des sacs légers de 50 microns et moins. «Ces derniers sont volatils et ont un impact certain sur les milieux naturels comme les écosystèmes terrestres et marins. Nous encouragerons le développement d’une filière de conception et de fabrication de sacs réutilisables et sommes ouverts à accompagner l’industrie à la recherche de solutions alternatives qui respectent les paramètres du règlement que nous entendons adopter», a-t-il ajouté.

Un sac de 50 microns équivaut en gros aux sacs offerts dans des commerces de vêtements. À l’heure actuelle, les sacs d’épicerie font 17 microns d’épaisseur. «Sur le plan environnemental, les sacs de 50 microns entraîneront une augmentation inutile de 300 % de l’empreinte carbonique liée à l’utilisation de sacs à emplettes en plus de nuire aux efforts de réduction à la source. Sur le plan économique, ces sacs imposeront de nouveaux coûts à la facture des produits alimentaires de l’ordre de 30 M$ par an», a écrit Marc Robitaille dans une lettre envoyée aux élus montréalais la semaine dernière.

M. Robitaille propose plutôt l’adoption d’un sac alternatif : «Les sacs 25/25 (de 25 microns et faits à 25 % de plastique recyclé) constituent une approche raisonnée qui donnerait l’exemple au monde entier, favoriserait la protection de l’environnement et garantirait l’approbation des citoyens», conclut-il.

L’élu de Projet Montréal Sylvain Ouellet soutient l’idée d’une étude environnementale sur le cycle de vie des sacs de plastique. «Ce serait intéressant aussi que le Bureau de la normalisation du Québec établissent des critères pour les sacs de plastique et les sacs réutilisables, afin de s’assurer que les sacs mis en marché soit recyclables en fin de vie. Et ça éviterait aussi le “greenwashing” de certains politiciens qui sortent l’arme nucléaire pour rien», selon lui.

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