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MONTRÉAL – La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) est intervenue dans une école juive clandestine, mercredi, accompagnée par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L’établissement est situé dans un ancien édifice commercial au 6355, avenue du Parc, un secteur où la communauté juive hassidique est fortement représentée.

Très peu d’informations sont disponibles pour l’instant, une situation qui ne risque guère de changer puisque la Loi sur la protection de la jeunesse assure une confidentialité absolue lorsqu’il s’agit de mineurs.

«Nous ne pouvons pas commenter sur un cas précis en vertu des règles de confidentialité de la Loi sur la protection de la jeunesse. Donc, on ne peut donner aucun détail pour le moment», a indiqué la porte-parole des Centres jeunesse Batshaw, Claire Roy, en entrevue avec La Presse Canadienne.

À Québec, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, n’avait guère plus d’informations à offrir à ce moment-ci.

«Ils sont allés s’enquérir à savoir s’il y avait compromission du développement des enfants. Je vais attendre les résultats de leur enquête. Ils sont sur place et je ne m’immisce pas dans le processus parce qu’ils (les directeurs de la protection de la jeunesse) sont autonomes, mais ce qu’on veut toujours, c’est protéger les enfants.»

Le SPVM, pour sa part, confirme seulement qu’aucune arrestation n’a eu lieu.

«Nous exécutions les mandats que la DPJ avait obtenus, a expliqué l’agent Abdullah Emram. Nous étions en appui, pour s’assurer que tout se passait dans l’ordre, que personne ne tente de quitter les lieux et ainsi de suite.»

Du côté du ministère de l’Éducation, on indique qu’il n’y a aucun permis pour une école à cette adresse, ce qui confirme qu’il s’agit bel et bien d’une école clandestine et illégale.

Malgré le manque d’information, il est cependant possible de faire certaines inférences, notamment qu’un signalement a été fait à la DPJ puisque celle-ci n’intervient pas autrement. Impossible de savoir, par contre, qui a fait le signalement dans ce cas-ci.

D’autre part, une intervention de la DPJ doit s’appuyer sur la Loi sur la protection de la jeunesse. Or, outre les mauvais traitements et la négligence de toute sorte qui peuvent mener à une intervention, un signalement est justifié dans le cas d’un enfant qui ne fréquente pas l’école, ce qui est le cas sur le plan juridique lorsqu’un enfant est confié à une institution qui ne respecte pas le programme pédagogique prévu par l’État.

Le gouvernement Couillard cherche depuis plusieurs mois une solution pour régler l’épineux problème des écoles juives illégales. Lucie Charlebois a d’ailleurs assuré que le comité interministériel chargé de la tâche était au travail et aurait du nouveau «bientôt».

«Nous travaillons de façon interministérielle et on est dans le « crounch » justement du dossier et c’est drôle que ça arrive aujourd’hui», a-t-elle dit.

«C’est une situation complexe et on ne va pas faire ça à moitié. On parle d’enfants, on parle de familles et il ne faut pas non plus — je ne veux pas dire que ce n’est pas inquiétant — mais il ne faut pas non plus dramatiser.»

«Moi, ce qui m’importe, c’est le bien-être des enfants et leur épanouissement et qu’il n’y ait pas de motifs de compromission», a conclu la ministre.

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