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Montréal s’inquiète pour les enfants de la métropole en situation de pauvreté et ceux n’ayant pas accès à toutes les ressources leur permettant de se développer.

La Ville a choisi d’accorder un budget de 25M$ sur 5 ans pour combler les besoins de ces enfants de 0 à 17 ans afin d’assurer leur réussite scolaire et leur développement personnel. C’est la principale mesure de la politique de l’enfant dévoilée jeudi matin et dont l’élue Érika Duchesne sera responsable.

Pour ce faire, c’est d’abord 50 écoles qui seront ciblés par cette politique dans 9 quartiers: Hochelaga-Maisonneuve, Cloverdale, Verdun, Saint-Michel, Montréal-Nord, Saint-Pierre, Parc-Extension, Côte-des-Neiges et la Petite-Bourgogne. Des quartiers parmi les plus vulnérables de Montréal.

«Un enfant qui vit avec des difficultés, c’est un enfant qui ne dort pas, qui ne mange pas, qui n’a pas le goût d’aller à l’école, il s’isole, il vit du stress et de l’insécurité, a déploré le maire de Montréal, Denis Coderre. On se donne une politique de l’enfant pour que tous les enfants de Montréal puissent grandir, s’épanouir et atteindre son plein potentiel.»

Montréal, avec ses partenaires, tels que le Club des petits déjeuners, Jeunesse au Soleil, la Société de transport de Montréal, la Fondation du Dr Julien et Espace pour la vie, évaluera les besoins des enfants qui doivent être comblés dans chacun de ces quartiers. Le budget annuel permettra aux partenaire d’y répondre.

En fonction des besoins, Montréal et ces organismes pourront alors offrir, par exemple, l’accès à des activités parascolaires, du transport pour se rendre à une activité sportive, du matériel scolaire, l’accès à un déjeuner, à une clinique de pédiatrie sociale, à la bibliothèque, à des activités culturelles ou à un camp de jour. «Ou même si un enfant a besoin de lunettes, on pourra l’aider», ajoute comme exemple Érika Duchesne.

Le but ultime est de répondre aux besoins des 300 000 enfants de 0 à 17 ans de Montréal d’ici 3 ans. Les démarches auprès des 50 premières écoles sont déjà en branle en vue de la rentrée. Le plan d’action reste à voir pour savoir comment sera dépensé les premiers 5M$ cette année.

«1 enfant sur 3 ne se rendra pas jusqu’à la fin de son secondaire. Je vais créer les prédispositions pour que cet enfant puisse se développer», a indiqué Denis Coderre souhaitant non seulement que tous puissent manger à leur fin, mais qu’ils puissent également s’initier au théâtre ou au sport.

Le Dr Gilles Julien a souligné qu’une «épidémie silencieuse» se dessine dans les quartiers vulnérables. Il y a une augmentation d’enfants vivant avec des «stress toxiques», comme de mauvaises conditions des logement et d’alimentation ainsi qu’un accompagnement déficient, qui nuisent au développement de son cerveau et peut avoir des effets destructeurs. «Ces stress, c’est tous les droits des enfants qui sont bafoués», a fait valoir le Dr Julien, heureux de voir une telle politique de l’enfant.

Le Club des petits déjeuners ajoutera ainsi ces 50 écoles aux lieux qu’il dessert à Montréal.

Le maire a également fait l’annonce de la création prochaine d’un Commissaire à l’enfance à Montréal.

Questionné à savoir si ces mesures sont en réaction aux politiques d’austérité du gouvernement provincial qui ont coupé le budget des écoles et de certains organismes, le maire répond que «c’est pas en réaction de quoi que ce soit. S’occuper des enfants, c’est la compétence de tout le monde. C’est pas une guerre de constitution. Quand il y a quelque chose qui se passe sur mon territoire, je m’en occupe. Il y a clairement de la pauvreté dont il faut s’occuper.»

Métro a contacté en vain le cabinet du ministre de l’Éducation et de la Famille pour savoir si une telle politique ne jouait pas dans ses compétences.

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