Chantal Lévesque/Métro Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique.

L’annonce par Québec d’un programme d’aide de 9 M$ sur cinq ans destiné aux Autochtones en milieu urbain a reçu un accueil mitigé lundi.

D’une part, les organismes espèrent que cette enveloppe, destinée à améliorer leurs services d’accompagnement et à développer leurs infrastructures, permettra de répondre à certains besoins criants. De l’autre, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) estime que le gouvernement lance de la «poudre aux yeux» pour cacher son inaction dans le dossier des relations entre la police et les femmes utochtones.

Le nombre d’Autochtones dans les villes du Québec, notamment Montréal, est en augmentation, selon le gouvernement et plusieurs organismes. Le dénombrement effectué par la métropole en mars 2015 indique pour sa part que 10% des personnes itinérantes sont Inuits, Métis ou membres des Premières Nations.

«Beaucoup prennent le chemin des villes dans l’espoir d’un épanouissement personnel plus grand. Mais pour plusieurs, ça ne se passe pas comme ils le voudraient. Ils sont loin des leurs, dans un milieu très différent de ce qu’ils connaissent. Des organismes sont là pour les aider à retrouver leur place», a avancé Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique.

Geoffrey Kelley

Les organismes en question voient ce financement comme une bouffée d’air frais, se considérant sous-financés. «Les femmes qu’on dessert auraient besoin de suivis psychosociaux à beaucoup plus long terme, ce qui pourrait éviter certaines rechutes, notamment dans la toxicomanie», a souligné Johanne Bélisle, directrice générale du Centre des femmes de Montréal, qui offre aux femmes autochtones des produits de base comme de la nourriture et des vêtements, les aide à naviguer dans le réseau de la santé et des services sociaux, les accompagne dans leurs démarches à la Direction de la protection de la jeunesse.

«Les mesures annoncées aujourd’hui, bien que nécessaires pour soutenir les organismes communautaires, ne répondent en rien à la situation vécue par nos femmes qui ont osé briser le silence, a toutefois objecté Ghislain Picard, chef de l’APNQL, un an après la diffusion du reportage de l’émission Enquête, à Radio-Canada, dans lequel des femmes autochtones de Val d’Or dénonçaient des abus sexuels et de l’intimidation de la part de certains policiers. Québec choisit très bien les dates de ses annonces.»

«On va sortir les sous et ça va détourner l’attention ailleurs.» – Ghislain Picard, chef de l’APNQL

L’APNQL et Femmes Autochtones du Québec réclament une enquête publique sur les relations entre les policiers et les membres des Premières Nations. «C’est une chose d’aider les gens mais si tu ne garantis pas leur sécurité, tu n’arranges pas les choses», a argué M. Picard. Ce dernier déplore également que les Autochtones vivant dans leurs communautés d’origine soient exclus du programme, alors que les besoins y sont importants.

Pour améliorer les relations entre Autochtones et policiers, le ministre des Affaires autochtones Geoffrey Kelley a émis l’idée de réviser la formation donnée à l’École nationale de police du Québec. Il a aussi estimé que les organismes communautaires pouvaient contribuer à cet effort. Femmes autochtones du Québec collabore notamment avec le Service de police de la Ville de Montréal pour créer une procédure de prévention en intervention auprès de cette population.

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