Jacques Boissinot/THE CANADIAN PRESS Le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Après deux ans de coupes budgétaires, Québec profite d’un surplus de 2,19 G$ dégagé cette année pour réinvestir et abolir la taxe santé, a confirmé mardi le ministre des Finances, Carlos Leitão, dans le cadre d’une mise à jour économique.

Alors que le budget déposé en mars visait plutôt l’équilibre budgétaire, c’est un surplus que l’État a engrangé cette année, notamment grâce à des revenus d’impôts plus élevés qu’anticipés.

Le gouvernement a annoncé dans la foulée des investissements de 2,41G $, dont 253 M$ serviront à devancer l’abolition de la taxe santé dès janvier 2017, c’est-à-dire un an plus tôt que prévu.

Cette taxe qui a fait son apparition en 2010-2011 coûtait 100$ par an aux contribuables ayant un revenu entre18 705$ et 41 560$, 200 $ à ceux gagnant entre 41 560 $ et 135 060 $, et 1 000 $ à ceux dont le revenu est supérieur à 135 060 $.

«Cette mesure représente une baisse annuelle du fardeau fiscal de près de 760 M$ pour 4,5 millions de contribuables», a précisé M. Leitão en point de presse. Outre la disparition de cette taxe, aucune autre baisse d’impôt n’a été annoncée.

Québec a plutôt décidé d’investir le quasi-totalité du surplus de 2,19 G$ d’ici 2020, en santé, en éducation, en infrastructures et dans le développement économique régional. Le ministre Leitão n’a pas précisé dans quels programmes irait cet argent, se contentant de dire que des «annonces seront faites».

Questionné à savoir si le gouvernement ne faisait que redonner une partie de l’argent qu’il avait été cherché dans les deux dernières années, le ministre Leitão s’est défendu en disant qu’en 2014, un déficit de 7,6 G$ était prévu. «Je ne nie pas que l’effort a été important, a-t-il dit. Il fallait prendre des mesures rapides et énergiques, parce qu’on s’en allait droit dans le mur. Nous avons retrouvé notre marge de manoeuvre.»


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Données: Ministère des Finances

Un milliard de dollars sera notamment injecté dans le réseau de la santé d’ici quatre ans, soit 100 M$ cette année et 300 M$ par an ensuite.

Plusieurs syndicats ont fait savoir que cet argent ne suffirait pas à combler les besoins créés par les coupes budgétaires des dernières années. «Des postes continueront d’être abolis, les réformes chaotiques du ministre [Gaétan Barrette] se poursuivront et il continuera à fusionner des services en les éloignant des patients», a mentionné la présidente le Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent.

La hausse des dépenses en santé se fixera désormais à 3% par année, a indiqué le ministre. «Le maintien du panier de services dans le réseau aurait nécessité, pour cette année seulement, une hausse du budget de la santé et des services sociaux de 1,3 G$», a déploré la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) Louise Chabot.

En éducation, 110 M$ par année seront ajoutés dans le réseau au cours des trois prochains exercices fiscaux, soit un peu plus de 0,5% du budget de ce secteur. En 2016-2017, ce sera 35 M$.

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) a accueilli favorablement cette mesure. «Les parents du Québec subissent les compressions et la diminution de services depuis des années. Nous sommes satisfaits des millions annoncés aujourd’hui», a fait savoir la présidente de la FCPQ, Corinne Payne, par voie de communiqué

De son côté, la CSQ croit que le montant investi est plus qu’insuffisant. «Après des compressions totalisant près de 1G$ dans le réseau scolaire et plus de 400 M$ en enseignement supérieur depuis 2010, les belles annonces de réinvestissement constituent seulement l’amorce d’un baume pour panser les plaies du réseau», a imagé Mme Chabot.

Du côté des infrastructures, l’enveloppe de 9,6 G$ prévue pour 2017-2018 sera bonifiée de 400 M$.


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