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Des textos publicitaires envoyés par de faux amis

Photo: Métro

«Merci serge, jai deja acheter mes produits moringa sur amazon voici le lien. A la prochaine. Bye [sic].» Plusieurs personnes ont signalé à Métro avoir reçu ce même message la semaine dernière. Leur nom n’est pas Serge.

Le lien qui accompagne le message mène à la vente en ligne de produits Zest of Haïti, dont les bureaux se situent à Blainville. Certaines personnes ont aussi reçu un message disant que Justine et Annie ont traité leur problème de peau avec du savon et de l’huile de Moringa, et qu’il est possible de les acheter dans 4 succursales Jean Coutu près de chez eux. Le message termine en disant «desole je me suis tromper de numero [sic]».

Difficile de confirmer qui a utilisé ce stratagème publicitaire. La direction de Zest of Haiti a nié avoir envoyé de tels textos. Elle est toutefois en pleine campagne de promotion via Amazon, Facebook, son site internet et des annonces à la radio.

«Ce texto pourrait potentiellement être une méthode maladroite de se soustraire à la Loi canadienne anti-pourriel (LCAP), a commenté Sophy Lambert-Racine, analyste télécommunications, radio­diffusion et vie privée à l’Union des consommateurs, qui est l’une des personnes à l’avoir reçu. Les messages à caractère commercial envoyés par des proches peuvent être exclus de la loi à certaines conditions, mais comme il n’y a pas de liens personnels entre l’expéditeur et le destinataire, il semblerait que la loi s’applique.»

La LCAP, adoptée en juillet 2016, exige le consentement des destinataires avant l’envoi de courriels et de textos commerciaux. Sans celui-ci, les organismes ou entreprises pris en faute s’exposent à d’éventuelles amendes.

Benoit Duguay, spécialiste en marketing et professeur à l’UQAM, ne comprend pas pourquoi des entreprises envoient des textos non sollicités. «Ça dérange les gens et ce n’est pas efficace», a-t-il estimé, observant tout de même une recrudescence des textos publicitaires dans la dernière année.

«La pub par texto n’a jamais réellement “pogné” au Canada, contrairement à partout ailleurs (Europe, Asie et États-Unis)», a quant à lui évalué Samuel Parent, directeur général de l’Association des professionnels de la communication et du marketing.

«Certaines entreprises arrivent à en faire avec grand succès, mais toujours auprès de petits groupes de clients très fidèles.» – Samuel Parent, directeur général de l’Association des professionnels de la communication et du marketing

Selon les commentaires reçus à l’Union des consommateurs, les télécommunications non sollicitées, ce qui inclut les courriels, les textos et les appels, continuent d’être un problème de grande envergure. Par ailleurs, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a demandé le 7 novembre dernier aux fournisseurs de services de prendre des mesures pour bloquer les appels indésirables, constatant que des problèmes subsistaient.

Que faire lorsqu’on reçoit un tel message non désiré? L’Union des consommateurs recommande de porter plainte au CRTC. Toutes les plaintes comptent, car le CRTC axe ses enquêtes sur les cas les plus dénoncés et les plus graves. Il mise sur la sensibilisation des fautifs avant les sanctions, mais il y a plus de chances que ces derniers y repensent à deux fois avant d’embêter les honnêtes gens.

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