Gracieuseté Olivier (à gauche) et Alexis Dover Martin, alors que ce dernier s'apprête à recevoir de son frère un don de cellules souches.

Le 30 décembre 2012, Alexis Dover Martin, 19 ans, encaissait une bien mauvaise nouvelle, lorsque ses médecins lui ont diagnostiqué une leucémie. Très exactement quatre ans plus tard, le 30 décembre 2016 à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à la veille d’avoir 24 ans, le jeune homme subira une greffe de cellules souches. Le donneur: son frère Olivier.

Ce don fraternel constitue une étape capitale et salutaire pour aider Alexis à surmonter la maladie, à peine plus de trois mois après une rechute. «Ça faisait trois ans et demi qu’il était en rémission», indique sa mère, Nancy Dover.

Cette réapparition de la leucémie, en septembre dernier, a fait en sorte que la greffe devenait inévitable. Après un mois de chimiothérapie préparatoire, les résultats sont non concluants. C’est alors qu’il saisit l’occasion de participer à un programme expérimental de 28 jours, le Blinatumomab, un traitement anticancéreux qui consiste en l’injection d’anticorps sur une base continue, à toute heure du jour et de la nuit, qui prennent pour cible les cellules cancéreuses.

Il devient le sixième patient au Canada à y prendre part, le tout dans le but avoué d’abaisser son taux de cellules cancéreuses dans le sang sous la barre de 5 %. Et ça fonctionne, puisqu’au 5 décembre, il descend même sous le seuil de 2 %.

Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), à la demande de Maisonneuve-Rosemont, s’est chargé d’administrer le traitement, dont la facture s’élève à plusieurs milliers de dollars. Il a été financé par une pharmaceutique aux fins de recherche.

Le 22 décembre, après avoir obtenu la confirmation qu’une des chambres se libérait, Alexis a été admis au centre hospitalier montréalais.

Un don de vie

Malgré tous les traitements reçus, incluant les séances de radiothérapie des derniers jours, c’est bien le don de cellules souches qui permettra à l’aîné des frères Dover Martin de passer à travers.

Mais avant le jour J, Olivier n’aura eu d’autre choix que de se prêter à une série de tests pour établir son bilan de santé, question de s’assurer que tout se déroule normalement. Il a entre autres eu à fournir 18 échantillons sanguins, il a passé des échographies cardiaque et pulmonaire et a tenté de se tenir loin des virus. «Je devais rester tranquille, je ne pouvais pas boire d’alcool, détaille-t-il. Je suis resté bien au chaud. Autrement dit, il fallait pas que je fasse le fou.»

Ce dernier sait depuis quatre ans qu’il est un donneur 100 % compatible. Il est d’ailleurs le seul de sa famille.

«Je me sens chanceux qu’Olivier soit compatible. Les chances de m’en sortir sont meilleures, c’est plus rassurant, raconte Alexis. En plus, je sais d’où ça vient», ajoute-t-il en riant.

Les jours précédant la greffe, Olivier recevait un traitement visant à stimuler la production de cellules souches dans sa moelle osseuse, afin de les faire sortir vers son sang. Celui-ci, que l’on pourrait associer à une rapide poussée de croissance, lui a occasionné quelques maux, de bien petites contraintes en comparaison de ce que doit vivre son frère, précise-t-il.

La veille, le 29 décembre, pendant une manœuvre de transfusion s’étendant sur six heures, les cellules souches seront filtrées.

Une fois retirées de l’organisme d’Olivier et injectées à Alexis, elles devraient notamment lui permettre de se refaire une moelle osseuse en santé, dans les quatre à six semaines suivant l’intervention, selon les prévisions.

Au terme de la manœuvre, les deux frères partageront le même groupe sanguin.

J’ai des frissons juste à penser qu’Alexis va revivre grâce à Olivier. C’est un beau cadeau. Je suis fière de mes fils, il n’y a jamais eu d’hésitations. On grandit beaucoup dans la maladie d’Alexis. Nancy Dover, mère d’Alexis Dover Martin, atteint de leucémie. Ce dernier recevra des cellules souches de son frère Olivier.

Les petites victoires

La complicité entre les deux frères est passée à un autre niveau au fil des derniers mois.

«On a toujours été proches. On a bien rigolé à savoir si désormais je prendrais de ses habitudes, ses manies», mentionne Alexis. À 48h, du moment tant attendu, ce dernier dit se sentir prêt.

«On y va pour la réussite, aucun échec ne sera toléré», laisse de son côté entendre Olivier.

Alexis reste sous supervision médicale pendant encore 150 jours, question de faire les suivis nécessaires et de limiter les risques d’infections, puisque son système immunitaire est complètement à plat.

D’autres Noëls

Le présent temps des Fêtes revêt un caractère pour le moins particulier pour la famille de cinq, qui ne peut être entièrement réunie autour du sapin. «Mais c’est pour le mieux, s’empresse de répondre Nancy Dover. Pour nous, c’est un nouveau départ et ça coïncide parfaitement avec la nouvelle année. Il faut qu’il passe par là et c’est très significatif que ça se fasse dans ce temps-ci. Et pour Noël, on va se reprendre», confie-t-elle.

Les membres de la famille de cinq se relaient aux côtés d’Alexis, puisqu’une personne à la fois peut être admise dans la chambre. Les allers-retours Cowansville-Montréal sont nombreux; ils aiguisent leur sens de la planification et doivent faire preuve d’une grande organisation par rapport à leur vie professionnelle. «La priorité, c’est notre fils. Nous faisons en sorte qu’il y ait toujours quelqu’un avec lui», relate la mère.

Déferlante d’amour

Les mots d’encouragements et le support arrivent de partout pour la famille, engagée dans plusieurs causes depuis quelques années. «Nos amis sont très présents, la communauté nous appuie énormément et nous recevons une grosse dose d’amour, poursuit Nancy Dover. Je suis épatée par la quantité de messages reçus. C’est vraiment incroyable et ça nous aide à garder le moral. Je garantis que je vais donner au suivant.»

Alors que 2016 tire à sa fin, la famille continue de chercher la sérénité, malgré les épreuves. «La maladie peut frapper partout. Devant cette réalité, on a deux choix: s’écraser ou se battre. Nous, on se bat. On prend ce que la vie nous amène et on va en sortir gagnants», termine-t-elle.

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