JONATHAN HAYWARD JONATHAN HAYWARD / La Presse Canadienne

WHITEHORSE — Une Autochtone qui soutient que la GRC n’a pas voulu mener d’enquête sur la mort de sa mère demande aujourd’hui à la police fédérale de s’excuser auprès d’elle et de tous les Autochtones du pays.

Au deuxième jour des audiences publiques de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées (ENFFADA), mercredi à Whitehorse, Edna Deerunner a soutenu que c’est son père qui avait assassiné sa mère, Annie Dick, à Porter Creek, au Yukon, au milieu des années 1950.

Mme Deerunner n’avait que cinq ans à l’époque. Son père, lui, n’a jamais été embêté par la justice: la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a même pas ouvert une enquête, a raconté Mme Deerunner, mercredi.

Selon elle, les Autochtones étaient à cette époque peu considérés ou respectés, et des excuses de la GRC auraient aujourd’hui un impact considérable.

Cette deuxième journée d’audiences publiques a été marquée par l’intervention inopinée d’un jeune homme entré subitement sous le chapiteau et qui a interrompu un témoignage pour raconter son deuil à lui. Après son récit, les autres témoins, un peu ébranlés, ont demandé une pause.

Cette intervention illustre le caractère hautement émotif de ces audiences, marquées par les témoignages poignants de proches de victimes.

Edna Deerunner a ainsi raconté que sa mère avait mis au monde six enfants, mais deux seulement sont toujours en vie: «L’alcool nous tue, nous mourons assassinés, battus par des policiers, nous mourons de traumatisme crânien, de suicide», a-t-elle lancé.

Certaines familles ont déploré le mandat trop restreint de la commission d’enquête, qui ne lui permet pas, par exemple, d’obliger les policiers à rouvrir des affaires jusque-là classées. Comme celle d’Annie Dick.

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