Infrastructures – Les villes du Québec face à un mur financier
Les villes et les gouvernements ont sous-financé les infrastructures municipales depuis des décennies, à un point tel qu’elles seront bientôt incapables de les maintenir en bon état, indique un rapport publié par l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Les auteurs recommandent des hausses de taxes plus importantes et un financement accru du gouvernement provincial.
Le rapport, produit par les anciens ministres des Finances Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau, dresse un portrait alarmant. En 2025, le déficit de maintien d’actifs des seules infrastructures d’eau et de voirie atteignait 49,7 milliards de dollars. Si la tendance se maintient, ce chiffre pourrait presque doubler d’ici 2036, pour atteindre 94,5 milliards de dollars.
Certaines municipalités, comme Lévis, ont même imposé des moratoires de construction faute d’infrastructures aptes à accueillir de nouveaux résidents.
À Montréal, les bris de conduites d’eau sont fréquents. L’événement le plus spectaculaire est survenu le 24 août 2024, lorsqu’un aqueduc majeur s’est éventré, créant un véritable geyser qui a inondé une grosse portion du quartier Centre-Sud.
La plupart de ces infrastructures ont été construites dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale. Certaines ont même plus de 100 ans. Toutes arrivent en fin de vie utile. Or, reporter leur entretien ne fait qu’accélérer leur dégradation et alourdit la facture à long terme. Le rapport souligne que leur détérioration suit une courbe non linéaire : après une lente dégradation, le déclin s’accélère rapidement, rendant une réfection complète inévitable et beaucoup plus coûteuse qu’un entretien préventif.
Les conséquences sont déjà bien visibles et réelles : défaillance d’infrastructures qui occasionnent des bris de service et des coûts d’urgence élevés, inondations dans les résidences et les commerces, refus de nouveaux projets industriels et impossibilité de bâtir plus de 36 000 logements qui pourraient être construits si les réseaux disposaient d’une capacité suffisante.
Extrait du Rapport sur la fiscalité et les finances municipales
Des revenus insuffisants face à des coûts en forte hausse
Le problème est aggravé par une asymétrie financière persistante. Entre 2014 et 2024, les revenus du gouvernement fédéral ont crû de 78 % et ceux du Québec de 63 %, dans les deux cas au rythme de la croissance économique. Les revenus municipaux provenant de l’impôt foncier, eux, n’ont progressé que de 34 % sur la même période. Dans le même temps, les coûts de construction des infrastructures municipales augmentaient de près de 7,5 % par année, soit plus du double du taux de croissance économique.
Les deux ex-ministres, qui coprésidaient le chantier de réflexion mandaté par l’UMQ, parlent d’une «trappe de l’inflation» dans laquelle se sont enfermées les villes. Par souci de ne pas alourdir le compte de taxes des contribuables, les municipalités ont limité la hausse de l’impôt foncier au rythme de l’indice des prix à la consommation. Pendant ce temps, leurs dépenses, notamment en infrastructures, augmentaient beaucoup plus rapidement.
À défaut de correctif, la capacité fiscale des villes pourrait diminuer de près de moitié en pourcentage du PIB d’ici 20 ans.
Une aide gouvernementale en recul relatif
Pendant que les besoins s’accumulaient, la part du Plan québécois des infrastructures (PQI) consacrée aux municipalités s’est rétrécie. Alors que l’enveloppe globale du PQI a bondi de 88 % entre 2016 et 2026 – passant de 88,7 à 167 milliards de dollars –, la quote-part municipale n’a crû que de 5 %. En proportion de l’enveloppe totale, elle est passée de 7,9 % à 4,4 % sur la même période. Ce qui signifie que les villes peuvent réaliser moins de projets qu’il y a dix ans.
«Le modèle actuel ne permet plus de faire face adéquatement à l’ampleur et à la nature des responsabilités qui sont aujourd’hui confiées aux municipalités. Sans changement important, nous risquons collectivement de frapper un mur», soulignent Mme Jérôme-Forget et M. Marceau.
Un appel à une réforme structurelle
Le rapport, qui s’appuie sur une vaste consultation menée entre juin 2025 et mai 2026 auprès de plus de 150 municipalités membres de l’UMQ, formule 21 recommandations. Parmi les plus structurantes figure la création d’un fonds dédié au maintien des infrastructures. Ce fonds serait financé à la fois par les municipalités et par le gouvernement du Québec et serait accessible aux municipalités qui auraient augmenté leurs taxes au moins au rythme de la croissance du PIB nominal.
Les auteurs estiment que cette mesure, combinée à un meilleur contrôle des coûts de construction, permettrait de réduire le déficit de maintien d’actifs anticipé de 52,7 milliards à 32,7 milliards de dollars d’ici 2036.
En d’autres mots, le rapport recommande une augmentation annuelle des taxes beaucoup plus fortes. Celles-ci passeraient d’environ 2% par année à 3,5%. L’argent supplémentaire irait au nouveau fonds.
De plus, les deux ex-ministres recommandent de permettre une taxation progressive des immeubles résidentiels. Les grosses tours à logements paieraient ainsi plus cher, alors que les petits propriétaires pourraient économiser.
Le rapport recommande également de simplifier radicalement le cadre réglementaire encadrant les projets municipaux afin de réduire les coûts de construction. Les auteurs recommandent aussi de regrouper les plus de 200 programmes d’aide financière en un seul transfert stable et prévisible.
Lisez le rapport produit par Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau:
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