Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Un projet de décret du gouvernement du Québec concernant les zones inondables semble devoir retarder l’octroi de permis et l’aide aux sinistrés des récentes inondations.

Plusieurs centaines de personnes touchées par les inondations du printemps ont assisté à une consultation lundi soir, à Pointe-Claire, dans la région de Montréal, et ont déploré le peu d’aide reçue à ce jour et la confusion dans les informations obtenues auprès des municipalités ou du gouvernement.

La consultation — comme une quinzaine d’autres menées le même jour dans d’autres régions — devait porter sur un projet de décret sur la déclaration d’une zone d’intervention spéciale sur le territoire de certaines municipalités affectées par les inondations d’avril et de mai.

En fait, il s’agit d’établir de nouvelles balises pour les constructions dans les secteurs inondables, le gouvernement du Québec ayant l’objectif de réduire le nombre de personnes et de biens exposés aux inondations futures tout en permettant, «dans certaines circonstances exceptionnelles et à certaines conditions», la reconstruction de bâtiments détruits ou sévèrement endommagés lors d’inondations.

Le projet de décret pourrait être adopté au plus tôt à l’automne.

Or, il semble que des municipalités attendent ce projet de décret avant de délivrer des permis pour rebâtir à leurs résidants, puisque le décret pourrait changer les règles pour les zones inondables.

Caroline Pilon, du ministère des Affaires municipales, l’une des intervenantes sur la scène, a assuré que le gouvernement du Québec n’avait pas donné une telle directive aux municipalités.

«Il n’y a rien qui va arriver avant l’automne. Et c’est l’hiver qui vient après l’automne, on fait quoi, nous. Je n’ai pas de chauffage dans la maison. Le sous-sol est tout ouvert», a déploré en entrevue en marge de l’assemblée Paul Symeonidis, sinistré à Pierrefonds, arborant un chandail comme d’autres sinistrés du secteur avec les inscriptions «négligence», «abandonnés» et «action».

M. Symeonidis a dit croire que la rencontre de lundi soir avait été une perte de temps.

Les zones inondables sont classées principalement en deux groupes, en fonction de leur fréquence d’inondation: les zones 0-20 ans (probabilité de 5 pour cent qu’une inondation se produise chaque année) et les zones 20-100 ans (probabilité de 1 pour cent).

Des sinistrés de ces zones ont appris qu’ils ne pourront pas reconstruire ou rénover leur maison — si le projet de décret est adopté tel quel.

«Le projet de décret, c’est juste pour nous dire dans le fond — à tous ceux qui sont dans la zone de 0-20 ans —, « préparez-vous à perdre votre maison ». C’est ce qu’on comprend», a indiqué Francine Yelle, sinistrée sur l’île Mercier, en entrevue en marge de l’assemblée.

«Il y a beaucoup de personnes qui sont démunies, parce que les outils pour demander de l’aide au gouvernement, ils ne sont pas là», a-t-elle ajouté, suggérant aux gens d’écrire à «trois ministères et au maire» pour avoir l’heure juste.

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