La Presse Canadienne

HALIFAX — L’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse voit ses pratiques scrutées de près pour avoir enquêté sur les commentaires polarisants sur les médias sociaux d’un leader étudiant, alors que des professeurs en droit et un groupe de libertés civiles accusent l’université de censurer le discours politique.

Dans une lettre à l’université, 25 professeurs à l’École de droit Schulich de Dalhousie font valoir ce qu’ils qualifient d’importance fondamentale de préserver une communauté universitaire où le discours politique peut être florissant.

La lettre envoyée lundi au président du sénat de l’université, Kevin Hewitt, demande à l’organisation de ne pas «contrôler et censurer» le ton du discours politique.

Masuma Khan, un membre de la direction du conseil étudiant, a fait face à beaucoup d’opposition après avoir exhorté l’associtaion des étudiants de l’Université Dalhousie de s’abstenir de participer aux célébrations du 150e anniversaire du Canada en signe de solidarité envers les peuples autochtones.

Sur Facebook, les jeunes progressistes-conservateurs de la Nouvelle-Écosse ont réagi en disant que le conseil étudiant devrait promouvoir la fierté du pays plutôt que d’encourager au boycott d’une fête nationale.

Masuma Khan a répondu, dans un langage vulgaire, qu’il ne voyait pas de raison d’être fière de la colonisation et de célébrer plus de 400 ans de génocide, tout en terminant sa phrase avec le mot-clic «la fragillité blanche».

Ses commentaires ont suscité une plainte officielle d’un autre étudiant alléguant qu’il avait fait preuve de discrimination envers les Blancs.

Le comité de discipline de l’université a accepté d’entendre la plainte. Masuma Khan faisait parti du comité de discipline mais il s’est retiré en attendant l’issue de son cas.

Le comité devrait examiner la plainte contre lui en novembre ou en décembre.

Dimanche, l’Ontario Civil Liberties Association a accusé l’université d’utiliser ses pouvoirs disciplinaires pour réprimer l’expression politique et la liberté d’expression.

Dans une lettre adressée au président de l’Université Dalhousie, Richard Florizone, le groupe a demandé à l’université d’abroger ses politiques qui, selon lui, sont incompatibles avec les valeurs fondamentales du Canada en matière de liberté de pensée et d’expression.

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