OTTAWA – Le Canada s’apprête à augmenter sa contribution humanitaire en Syrie, au moment où les violences dans ce pays déchiré par la guerre semblent redoubler.

Le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird, a indiqué à l’issue d’une rencontre avec des représentants de la communauté syrienne au pays que le Canada «pouvait faire plus et allait faire plus».

Spécifiant que le Canada était déjà le troisième pays contributeur en matière d’aide humanitaire en Syrie, le ministre Baird a signalé qu’Ottawa accroîtra son assistance, sans toutefois offrir de chiffres précis. «Je pense que nous sommes prêts à faire plus, particulièrement en ce qui à trait au soutien médical», a noté le chef de la diplomatie canadienne.

Le Canada a déjà offert 8,5 millions $ en aide, largement à travers des programmes des Nations Unies, mais aussi par le Comité international de la Croix-Rouge.

Lors d’un point de presse dans la capitale fédérale mercredi, M. Baird a par ailleurs signalé que le Canada allait voir ce qu’il pouvait faire pour aider la Jordanie, la Turquie et le Liban à faire face aux flots de réfugiés fuyant les violences dans leur pays.

Il serait toutefois étonnant que le Canada triple son aide au pays où le conflit fait rage, comme le souhaiteraient les groupes de Canado-syriens rencontrés.

«Ce qu’on a demandé, c’est d’au moins avoir l’aide qui est donnée par les États-Unis, qui est de 25 millions $», a indiqué Faisal Alazem du Conseil canadien syrien. Il a assuré que le ministre lui avait démontré une grande solidarité, mais il ignore à quelle hauteur pourrait se révéler être le nouvel engagement du Canada à l’égard du pays.

Un projet de financement de construction d’hôpitaux mobiles semble être sur la bonne voie, ainsi qu’un autre pour sécuriser les réseaux de télécommunications. Les participants à la rencontre ont également souligné qui si les sanctions d’Ottawa à l’égard du régime du président Bashar al-Assad étaient appréciées, elles ne devaient toutefois pas nuire aux civils.

«Nous avons remercié le Canada pour ses sanctions qui ont puni le régime, mais nous avons souligné que c’est très important que ces sanctions ne touchent pas le côté humanitaire», a relevé M. Alazem.

Le père Paolo Dall’Oglio, jésuite expulsé de Syrie le mois dernier et figure de proue du dialogue entre musulmans et le chrétiens, a quant à lui confié son espoir de voir le Canada en faire plus du point de vue diplomatique. «Nous espérons que le Canada puisse prendre la tête d’une nouvelle initiative diplomatique pour la protection de la population civile syrienne», a-t-il indiqué.

Ottawa pourrait notamment mettre à profit son expertise acquise à l’égard de la Russie sur les questions touchant l’Arctique pour faire bouger les choses, a-t-il suggéré. La semaine dernière, la Russie et de la Chine ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies pour l’imposition de sanctions contre le régime Assad.

Selon le père Dall’Oglio, ce régime est voué à l’échec, mais il prévient que si cette chute tardait à venir, cela pourrait mettre en péril la sécurité de la région.

La perspective de la fin du régime de Damas n’a pas échappé non plus au ministre Baird, qui s’est dit préoccupé par ce qui adviendra de ses armes chimiques.

«Nous sommes inquiets de deux choses: qu’elles soient utilisées contre la population syrienne, et deuxièmement, nous sommes inquiets de leur sûreté avant et après que le régime tomberait», a signalé M. Baird. Le ministre craint notamment qu’elles tombent entre les mains d’Al-Qaïda, alors que des organisations terroristes pourraient actuellement être impliquées dans le conflit en Syrie.

La guerre qui frappe la Syrie a fait environ 19 000 morts depuis mars 2011, en grande majorité des civils. Les affrontements entre les troupes du président el-Assad et les rebelles qui souhaitent la fin du régime se sont récemment transportés à Alep, capitale économique et deuxième ville en importance.

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