Yves Provencher/Métro

MONTRÉAL — Des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et de l’université Johns Hopkins ont mis au point une «méthode sécuritaire et peu invasive» pour le dépistage précoce des cancers de l’ovaire et de l’endomètre.

Ce test — appelé PapSEEK — analyse de petites quantités de l’ADN des cellules cancéreuses provenant des échantillons prélevés dans le col de l’utérus, dans l’utérus et dans le sang lors du test Pap, et permet d’identifier alors les mutations génétiques courantes associées à ces cancers.

La coauteure principale de l’étude, la docteure Lucy Gilbert du CUSM, a expliqué par voie de communiqué qu’un cancer est plus facile à guérir s’il est dépisté à un stade précoce. Les cancers de l’ovaire et de l’utérus, poursuit-elle, sont généralement diagnostiqués à un stade avancé et «entraînent le décès de tellement de femmes et causent tellement de souffrance».

La docteure Gilbert a proposé à l’équipe de l’université Johns Hopkins de recueillir des échantillons provenant non seulement du col de l’utérus, mais aussi de l’intérieur de l’utérus, afin d’accroître la probabilité du dépistage des cancers des ovaires, des trompes de Fallope et de l’utérus alors qu’ils en sont encore à un stade précoce.


Lucy Gilbert. Photo: CUSM

Sa proposition a porté ses fruits, car l’équipe de chercheurs a observé que les échantillons prélevés dans l’utérus étaient plus susceptibles de détecter des cancers de l’ovaire et de l’utérus que ceux qui avaient été prélevés dans le col de l’utérus.

Des chercheurs ont mesuré l’efficacité du test PapSEEK sur des échantillons provenant de nombreuses patientes: 382 patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre, 245 patientes d’un cancer de l’ovaire et 714 femmes en santé constituant le groupe témoin. Ces échantillons ont été prélevés dans divers hôpitaux des États-Unis, du Danemark, de la Suède et du Canada.

Avec le test PapSEEK, les chercheurs ont pu dépister 81 pour cent des cancers de l’endomètre (dont 78 pour cent à un stade précoce) et 33 pour cent des cancers de l’ovaire (dont 34 pour cent à un stade précoce). Fait encore plus intéressant, ces pourcentages ont augmenté, passant à 93 et à 45 pour cent (respectivement) lorsque les échantillons ont été prélevés au moyen d’une brosse Tao, qui se rend dans l’utérus et prélève des cellules plus près du site d’origine des cancers. Il n’y a eu aucun résultat faux positif.

À eux seuls, les cancers de l’endomètre et de l’ovaire représentent la troisième cause la plus courante des décès attribuables au cancer chez les femmes en Amérique du Nord ainsi que dans les autres pays à revenu élevé.

Au Canada, quelque 7300 femmes reçoivent un diagnostic de cancer de l’endomètre chaque année, et pour plus de 1200 d’entre elles, cette maladie va s’avérer mortelle. Le cancer de l’ovaire est moins répandu, mais est plus mortel, affectant plus de 2800 femmes et entraînant le décès d’environ 1800 d’entre elles au Canada chaque année.

Les conclusions des travaux des chercheurs ont été publiées dans la revue scientifique Science Translational Medicine.

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