Tirée de Facebook Le nouveau ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge (à gauche).

Malgré une «nomination positive», l’Union étudiante du Québec (UEQ) s’est dite surprise, jeudi, que le nouveau gouvernement caquiste de François Legault choisisse de réunir les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, confiés sous un même poste au député de Chambly, Jean-François Roberge.

«C’était une valeur assez importante, à nos yeux, de distinguer ces deux ministères-là, surtout avec le peu de place qu’ont pu avoir les universités dans la dernière campagne électorale, a indiqué le président du regroupement national de quelque 79 000 membres, Guillaume Lecorps, en entrevue avec Métro.

Sous le dernier mandat libéral, c’était la députée libérale de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David, qui remplissait le rôle unique de ministre de l’Enseignement supérieur, au sein même du ministère de l’Éducation de Sébastien Proulx. Il semble que le caquiste Jean-François Roberge occupera dorénavant ces deux chapeaux à la fois. Mme David s’occupait également de la Condition féminine, un rôle dorénavant rempli par Sonia LeBel.

Le président de l’UEQ a expliqué avoir éprouvé un sentiment «en deux temps» jeudi. «C’est décevant de perdre cette distinction-là, mais on ne peut que saluer la nomination de M. Roberge, un homme avec lequel on a eu un bon dialogue dans les derniers mois. Sa collaboration sur plusieurs de nos dossiers dans le passé est vue d’un très bon œil, c’est certain», a-t-il expliqué.

Au cours de son mandat, le député de Chambly devra s’attaquer à «une panoplie» d’enjeux «urgents», selon M. Lecorps. Son groupe mise toutefois sur trois thématiques principales qu’il veut voir évoluer au courant des quatre prochaines années.

«Il faudra d’abord se pencher sur la question de la santé psychologique étudiante. Les chiffres montrent qu’à l’Université de Montréal seulement, 22% des étudiants montrent des symptômes dépressifs, et 8% ont des idées suicidaires. C’est un portrait alarmant. Il faut que la CAQ développe une stratégie panquébécoise pour lutter contre ce phénomène.» –Guillaume Lecorps, président de l’UEQ,

La question de la compensation des stages pour tous les étudiants devra enfin être uniformisée, renchérit le président du regroupement étudiant. «On sait que les milieux non-compensés sont souvent dans la sphère publique, et aussi, que les secteurs les plus touchés sont traditionnellement occupés par des femmes. Tout ça doit changer», a-t-il déploré, soulignant qu’il faut que l’éducation «devienne un levier d’équité des chances».

Enfin, Jean-François Roberge devra cibler la déréglementation des frais de scolarité pour les étudiants internationaux, croit Guillaume Lecorps. «Avec les nouvelles politiques universitaires, on fait payer beaucoup trop aux étudiants étrangers […], ce qui créé une disparité majeure dans le financement des institutions francophones et anglophones. Ça fait mal à la santé globale de notre réseau», a-t-il ajouté, invitant la CAQ à y «réfléchir sérieusement».

La FNEEQ-CSN se fait entendre
La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) a elle aussi réagi à la nomination de M. Roberge, jeudi, dans une missive envoyée aux médias. Elle y a notamment affirmé avoir l’intention de solliciter une rencontre avec le nouveau ministre «très rapidement» pour discuter des enjeux prioritaires de ses 35 000 membres.

En campagne électorale, la CAQ s’était notamment engagée à travailler en étroite collaboration avec les groupes syndicaux en vue de la mise en place de stratégies et de politiques durables en éducation. Un exercice auquel la FNEEQ-CSN veut offrir sa «pleine collaboration».

«Si la CAQ respecte ses engagements en réinvestissant dans les écoles et les universités, en consolidant les cégeps en régions, le Québec sortira enfin de 15 années de grande noirceur. Mais nous resterons vigilants.» -La présidente de la FNEEQ-CSN, Caroline Quesnel.

Cette dernière ajoute que le «mal-financement» des établissements d’enseignement «a provoqué tellement de problèmes que de mettre fin au scepticisme des enseignants et des enseignantes est en soi un défi». «Les changements devront s’inspirer d’une vision humaniste et citoyenne de l’éducation et de l’enseignement supérieur», a avancé l’organisation.

Le rapprochement souhaité par la CAQ entre l’entreprise privée et les établissements d’enseignement «est décrié par le secteur depuis toujours», croit le syndicat. «Nous rappellerons au ministre sa promesse d’être à l’écoute de notre milieu afin qu’il prenne des décisions bénéfiques pour les communautés et l’ensemble de la société québécoise», a lancé la présidente à ce sujet.

D’autres joueurs impliqués en rafale
La Fédération des cégeps souhaite elle aussi «rapidement» sensibiliser le gouvernement de la CAQ à l’importance d’offrir un accès élargi aux études collégiales dans toutes les régions du Québec. Elle souhaite également que l’État permette une plus grande flexibilité dans la réponse aux besoins, par la révision des programmes d’études et le virage numérique, notamment.

De son côté, la Centrale des syndicats du Québec – une organisation syndicale qui représente environ les deux tiers des enseignants du primaire et du secondaire, en plus des employés de soutien scolaire et des professionnels de l’éducation – l’invite à être à la hauteur des attentes qu’il a créées.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, a indiqué en entrevue que la CAQ s’était déjà engagée à améliorer les conditions de travail et d’exercice du personnel. «Son ministre a maintenant l’occasion de mettre en pratique les promesses de son gouvernement», a-t-elle lancé. À l’image de l’UEQ, Mme Éthier se dit toutefois «déçue» du fait que l’enseignement supérieur n’ait pas droit à son propre ministère, l’Éducation et l’Enseignement supérieur ayant été fusionnés.

De son côté, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente les autres enseignants du primaire et du secondaire, a salué le choix de M. Roberge, qui a lui-même enseigné pendant 17 ans. «Il connaît la réalité de ses collègues enseignants, alors les attentes seront grandes», a toutefois prévenu le président de la FAE, Sylvain Mallette.

La FAE souhaite que dès le prochain budget, le ministre Roberge assure un financement suffisant, stable et prévisible de l’éducation, en plus de tenir des états généraux sur l’école publique pour faire le point sur la situation, après toutes les réformes qu’elle a subies ces dernières années.

Enfin, la Fédération des comités de parents du Québec s’est pour sa part dite optimiste, compte tenu du fait qu’elle entretenait de bonnes relations avec M. Roberge lorsqu’il était dans l’opposition. Sa présidente, Corinne Payne, a dit avoir hâte de discuter avec le nouveau ministre des défis de l’école publique, tels que la définition de la gratuité scolaire et de la réussite éducative. Avec La Presse canadienne

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