Le thème de la Journée mondiale de prévention du suicide, qui se tient aujourd’hui, est «La prévention du suicide dans des cultures différentes». La culture influe-t-elle sur la façon dont la détresse se manifeste?
Non, la détresse va se manifester de la même façon. Cela dit, il y a plusieurs pays où le suicide n’est pas bien vu. Il y en a qui ne dénombrent pas les suicides dans leurs statistiques. Il arrive aussi que la famille d’une personne qui s’est suicidée soit pénalisée. Par exemple, elle ne pourra toucher certaines assurances, et la dépouille peut être enterrée dans un cimetière différent.
En matière d’intervention, le Québec est un leader. Dans l’ouest du pays par exemple, on nous dit que les lignes d’aide ne parviennent pas à afficher publiquement leur numéro, que le suicide est encore un sujet tabou dans les médias et dans la société.
Comment le taux de suicide a-t-il évolué au Québec au cours des dernières années?
Le taux est à son plus bas en 25 ans. Il est de 14,8 % sur un taux ajusté par 100 000 habitants. Ce sont surtout les hommes, dans une proportion de 80 %, qui se suicident. Les suicides surviennent surtout chez les gens âgés de 30 à 54 ans. Mais les jeunes nous inquiètent aussi. Dans les derniers mois, nous avons remarqué une augmentation des appels des moins de 17 ans. De plus, les 32 centres d’aide du Québec ont remarqué cette année une hausse de 20 % des demandes de suivi thérapeutique.