«Aujourd’hui sera peut-être la journée où il y aura le moins de bouteilles d’eau par terre, au centre-ville de Montréal», illustrait le président de la Coop Les Valoristes, qui organisait samedi une collecte de contenants qui ne sont habituellement pas consignés. Une collecte qui se voulait en quelque sorte un plaidoyer pour étendre la consigne aux trop nombreuses bouteilles d’eau.

Dès l’ouverture du dépôt des Valoristes, samedi matin, des dizaines de personnes attendaient déjà en ligne, leurs sacs sous les bras, à l’angle de la rue De Lorimier et du boulevard De Maisonneuve. Des quantités impressionnantes de bouteilles de plastique emplissaient les bacs que les employés et les bénévoles s’affairaient à trier.

C’était une journée spéciale, au dépôt de la coopérative, qui a comme mission d’améliorer le recyclage de contenants, tout en donnant un coup de main à plusieurs centaines de personnes en situation de pauvreté qui ramassent des bouteilles consignées pour boucler leurs fins de mois.

Exceptionnellement, la coop acceptait samedi les contenants qui ne sont pas consignés, comme les bouteilles d’eau, et remettait 0,05$ pour chacune d’entre elle à ceux qui les avaient cueillies.

«La grosse majorité de ce qu’on ramasse aujourd’hui, ça provient de la rue et des poubelles, explique Pierre Batellier, cofondateur et président des Valoristes. Les gens les ont ramassées et viennent les porter ici.»

«Aujourd’hui, ce qu’on veut démontrer, c’est que si demain, on élargissait la consigne à d’autres contenants, comme les bouteilles d’eau par exemple, ça ferait une grosse différence sur la pollution urbaine, et ça aiderait des personnes en grande situation de pauvreté, continue-t-il. Beaucoup d’entre eux arrivent à garder leur logement grâce à ça.»

Daniel, 58 ans, vient de recevoir 20,10$, avec les 400 quelques bouteilles qu’il a ramassées.

«Ça m’a pris plusieurs heures. J’ai ramassé ça dans les rues, les poubelles et les stationnements… Ça traîne partout», dit-il.

Normalement, il vient tous les jours au dépôt des Valoristes pour venir échanger sa cueillette de cannettes et autres contenants consignés contre de l’argent. «Ça me permet d’arrondir mes fins de mois», explique-t-il.

«Arriver au XXIe siècle»

La députée de Québec solidaire, Manon Massé, qui a mené un combat plus tôt cette année pour que les bouteilles de vin soient consignées, croit qu’il y a urgence d’améliorer le système de consigne, au Québec.

«Regardez tous ces contenants de plastique, toutes ces bouteilles qui se trouvaient dans l’espace public, et tous ces gens qui font la file… C’est une évidence, c’est la nécessité d’arriver au XIXe siècle», lance celle qui tenait à être sur les lieux de la collecte.

La députée insiste : elle n’est pas contre la cueillette sélective des bacs bleus, mais le gouvernement doit absolument élargir la consigne aux bouteilles d’eau.

«L’avantage de la consigne, c’est que la matière est recyclée à 100 %. Au Québec, selon les dernières statistiques que nous avons, on recycle une bouteille d’eau sur six. Et c’est plus d’un milliard de bouteilles par année qui sont mises en circulation!» s’insurge-t-elle.

Et, même si cela ne règlerait pas le problème de la pauvreté en amont, élargir la consigne permettrait à plusieurs personnes de mieux boucler leur fin de mois.

«Un des valoristes me racontait tout à l’heure qu’en 20 minutes, il avait ramassé 150 contenants de plastique devant le Centre Bell. Il me disait que ça lui faisait plaisir de les ramasser, mais cela va lui permettre de faire un peu plus de sous, aujourd’hui», conclut-elle.

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