OTTAWA – Dans un camp de réfugiés à Amman, dans un appartement à Beyrouth, ou dans les rues d’Istanbul, des Syriens espèrent être sélectionnés parmi les 25 000 réfugiés qui se rendront au Canada d’ici la fin de l’année.

Les employés des Nations unies, qui travaillent actuellement avec le gouvernement canadien pour choisir ceux qui monteront à bord d’avions et de bateaux vers le Canada, indiquent qu’ils tentent de diminuer les attentes des populations.

Selon Furio De Angelis, le représentant canadien au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, la rumeur voulant que le Canada ait lancé un programme d’accueil ambitieux se propage auprès des réfugiés.

Ils leur expliquent la situation telle qu’elle est, tout en leur mentionnant que ce n’est pas tout le monde qui sera admissible.

L’agence onusienne, qui est responsable de superviser ce qui est considéré comme la crise migratoire la plus importante depuis la Deuxième Guerre mondiale, est très minutieuse lorsqu’elle sélectionne les gens qui seront réinstallés dans d’autres pays.

Les cas sont divisés en plusieurs catégories. Les personnes qui sont en danger physique, celles ont survécu à de la torture ou de la violence, ceux qui ont besoin de soins, ainsi que les femmes, les enfants et les adolescents à risque sont notamment identifiés.

Ces critères précis s’appliquent sur la situation actuelle des migrants et non celle qu’ils vivaient dans le pays qu’ils ont quitté. Par exemple, une femme d’origine syrienne qui est retenue au Liban et qui est à risque d’être déportée pourrait être considérée par les autorités canadiennes.

Contrairement aux procédures habituelles où chaque cas est traité individuellement, le programme canadien permettra de constituer des groupes de migrants pour simplifier la paperasse.

Ainsi, le gouvernement canadien pourrait décréter qu’aucun migrant en dessous de 18 ans ne représente un risque pour la sécurité, ce qui diminuera le temps passé à réviser en détail chacun de ces dossiers précis.

Le Canada prévoit accueillir des migrants établis en Jordanie, au Liban et en Turquie.

La Jordanie compte 629 152 Syriens, dont la majorité ne vit pas dans des camps. La population est divisée équitablement entre les hommes et les femmes, et plus de la moitié est âgée de moins de 18 ans. Environ 30 pour cent des réfugiés ont des besoins spécifiques qui les rendraient admissibles au programme canadien.

Le Liban a accueilli environ 1,1 million de Syriens qui sont installés dans des camps construits originellement pour des Palestiniens. Le gouvernement ne dispose pas de camps de réfugiés spécifiques pour les Syriens. Il y a au moins 1500 enfants; près du trois quarts d’entre eux sont des Syriens qui quêtent dans les rues et qui travaillent pour des vendeurs ambulants, selon l’ONU.

La Turquie a reçu quant à elle environ 2,1 millions d’hommes et de femmes syriens, dont le tiers sont des enfants — les deux tiers d’entre eux ne vont pas à l’école, selon une récente étude de l’organisme Human Rights Watch. Le petit Alan Kurdi, dont la famille avait considéré venir au Canada, était devenu tristement célèbre lorsque son corps inanimé avait été retrouvé sur une plage turque.

Au total, environ 4,2 millions de personnes ont fui la guerre en Syrie et ont été inscrites comme réfugiées dans ces pays. L’ONU souhaiterait rétablir le tiers d’entre eux.

Bien que les libéraux se concentrent d’abord sur leur logistique visant à accueillir les réfugiés dans l’immédiat, ils développent aussi une stratégie à long terme.

Le ministre de l’Immigration John McCallum a souligné cette semaine qu’un membre du comité spécial mis en place sur la question se distinguait des autres: la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Moncef.

«C’est une ministre qui est une réfugiée elle-même. Elle a parlé du fait que dans 20 ans, nous aurons peut-être une des réfugiés syriens qui sera autour de la table du Cabinet. Ce le genre de vision que nous avons», a-t-il déclaré.

Le Cabinet se réunira jeudi pour se pencher sur cette question.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!