The Associated Press

Les organismes d’aide aux réfugiés du Québec affirment qu’ils seraient en mesure de soutenir l’accueil et l’intégration des 6000 réfugiés syriens prévus par le gouvernement, pour peu qu’on leur octroie le financement nécessaire.

«Au Québec, on a un réseau très solide d’organismes qui ont le mandat d’accompagner la réinstallation des réfugiés, a assuré Stephan Reichhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). On sait quoi faire et comment faire. On en reçoit plus ou moins 2000 chaque année. Les organismes seront capables d’en accueillir trois fois plus si on leur donne des ressources supplémentaires.»

L’incertitude plane encore au sujet de ces budgets additionnels, les organismes n’ayant pas encore reçu de confirmation à cet égard. Lundi, la ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil, avait exigé que le gouvernement fédéral assume les coûts liés à l’accueil et à l’intégration des réfugiés syriens qui s’ajoutent à ceux qui étaient prévus dans le plan d’immigration initial. Le gouvernement Trudeau doit pour sa part présenter un plan d’accueil dans les prochains jours.

Les organismes d’aide aux réfugiés ont toutefois été choyés au cours des derniers mois par un mouvement de sympathie envers les réfugiés syriens. «Partout à travers le Québec, beaucoup de gens veulent s’impliquer en faisant des dons, du bénévolat, du parrainage», a spécifié M. Reichhold.

Depuis les attentats de Paris, Paul Clarke, directeur général d’Actions Réfugiés Montréal, indique que son organisme, qui s’occupe du parrainage familial de Syriens, reçoit plus d’appels de citoyens souhaitant faire des dons en vêtements, offrir du logement ou faire du bénévolat qu’il n’en a besoin.

«Certaines personnes ont réagi en tentant d’empêcher leur venue, mais beaucoup d’autres ont réalisé qu’ils étaient les victimes [d’État islamique]», a souligné M. Clarke.

Le Conseil canadien pour les réfugiés et la TCRI ont également rappelé que la situation était urgente pour les réfugiés syriens, tout en admettant que la limite du 31 décembre 2015 n’était pas cruciale. La majorité de ceux que le Canada souhaite accueillir sont au Liban, en Jordanie et en Turquie, principalement dans des camps de réfugiés.

«La majorité sont des familles avec de jeunes enfants. Il n’y a pas d’école, l’alimentation offerte par les Nations unies est minimale, la situation sanitaire est terrible; ils vivent dans des tentes alors qu’il commence à faire froid et il n’y a aucune possibilité de travail», a précisé Stephan Reichhold, directeur général du TCRI.

Pas une menace pour la sécurité
Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) a tenu à affirmer, mardi, que les 25 000 réfugiés qui seraient accueillis au Canada ne représenteraient pas un danger pour la sécurité.

«Les réfugiés qui viennent au Canada sont soumis à des contrôles de sécurité rigoureux», a rappelé le CCR dans un communiqué.

Les candidats doivent tout d’abord être recommandés par le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies, qui sélectionne les plus vulnérables. Les dossiers des demandeurs sont ensuite filtrés par le Service canadien du renseignement de sécurité, qui doit signaler les personnes qui suscitent des doutes.

«C’est injuste d’associer les réfugiés, qui sont des victimes, à une menace à la sécurité. Pourquoi les cible-t-on alors que la plupart des responsables des attentats de Paris semblent être des Français ou des Belges?», a commenté Janet Dench, directrice du CCR.

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