Les délais moyens entre les signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et la prise en charge des enfants sont inacceptables, selon les syndicats des centres jeunesse affiliés à la CSN, qui ont dévoilé des chiffres du ministère de la Santé à ce sujet mercredi.

En 2014-2015, les délais entre le signalement et le premier contact avec la famille ont été en moyenne de 57 jours en Estrie et de 43 jours en Montérégie. À Montréal et Laval, on parle plutôt de 18 et 30,5 jours.

Puisque les cas qui obtiennent un code «urgent» sont évalués dans les délais prescrits, ce sont ceux considérés les moins prioritaires qui écopent. «On parle tout de même d’enfants susceptibles de subir de la négligence et des abus, qui ont besoin de services. Si on laisse traîner ces cas, ils peuvent s’aggraver», a déploré Sylvie Théorêt, présidente du syndicat du Centre jeunesse de Montréal.

Mme Théorêt et ses collègues estiment que la durée moyenne pour évaluer l’admissibilité du signalement et l’urgence de la situation ne devrait pas dépasser huit jours. Par ailleurs, la cible fixée par le ministère une fois le signalement retenu est de 12 jours, une cible qui est dépassée dans la majorité des régions du Québec.

Les syndicats réclament des réinvestissements dans les centres jeunesse afin d’avoir les ressources humaines nécessaires pour faire diminuer ces délais. Ils rappellent les compressions de 50 M$ entre 2010 et 2014, qui aurait entraîné, selon ces syndicats, un manque de personnel dans les centres jeunesse.

Mme Théorêt craint que l’intégration des centres jeunesses dans les grandes structures médicales, dans le cadre de la réorganisation du réseau amorcée il y a un an, aggrave le manque de financement des services sociaux. «Comme administrateur, si tu as à choisir entre créer une unité de vie pour des enfants qui ont le cœur brisé et construire une salle d’opération, qu’est-ce que tu penses que tu vas choisir?» s’est-elle questionnée.

La porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Noémie Vanheuverzwijn, a évoqué l’augmentation des signalements de 5% entre 2013-2014 et 2014-2015 pour expliquer en partie ces délais. «Le MSSS octroie des montants totalisant 1,5 M$ aux régions qui présentent une liste d’attente à l’évaluation en protection de la jeunesse. Ce soutien financier vise à réduire la liste d’attente d’évaluation, ce qui peut avoir un impact à la baisse sur les délais», a aussi communiqué Mme Vanheuverzwijn.

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