Getty Images/iStockphoto

OTTAWA – Un nouveau rapport indique que les femmes fuyant des situations de violence se réfugient souvent dans d’autres provinces que celle où elles résident et que plusieurs d’entre elles n’arrivent pas à trouver une place en maison d’hébergement parce que les installations affichent complet ou sont débordées.

Le troisième sondage annuel «Les maisons s’expriment» du Réseau canadien des maisons d’hébergement pour les femmes affirme qu’au cours de la dernière année, huit maisons sur dix au pays ont accueilli une femme provenant d’une autre province.

Ces femmes vont souvent se rendre dans une autre province afin de s’éloigner le plus possible de leur conjoint violent ou pour se rapprocher de leur famille. Il est possible qu’elles soient tout de même obligées d’aller dans une maison d’hébergement parce que leurs proches n’ont pas l’espace ou les ressources nécessaires pour les loger.

Beaucoup d’entre elles peuvent avoir de la difficulté à trouver une place puisque les refuges sont souvent surpeuplés.

Selon le rapport, 234 maisons d’hébergement au Canada ont accueilli en un jour l’an dernier 111 nouvelles femmes et leurs enfants, mais ont dû refuser 305 femmes et enfants, soit près des trois quarts de l’ensemble des femmes et enfants qui cherchaient refuge cette journée-là, faute d’espace.

La directrice générale du Réseau, Lise Martin, a déclaré que cette situation était tout à fait inacceptable.

Mme Martin a affirmé que ces chiffres prouvaient une fois de plus la nécessité d’adopter un plan d’action national contre la violence envers les femmes afin d’assurer que les services offerts dans les différentes provinces et les territoires soient comparables.

«Nous voulons que les femmes à travers le pays aient accès à des services et à une protection comparables, ce qui n’est pas le cas actuellement, a-t-elle fait valoir. C’est vraiment ce qui devrait être, à nos yeux, l’objectif à court terme parce que l’objectif à long terme est, évidemment, de mettre fin à la violence contre les femmes. Mais la réalité, c’est que de nombreuses femmes ont besoin de ces services, davantage que le nombre de femmes pouvant être logées présentement.»

Le plus récent rapport de Statistique Canada sur les refuges pour femmes violentées a établi qu’il y avait 12 058 places en 2014, soit une hausse de cinq pour cent par rapport aux 11 461 disponibles en 2010. Les fonds promis par le gouvernement fédéral pour ce secteur pourraient doubler ce taux de croissance au cours des deux prochaines années.

Dans leur budget, les libéraux ont en effet promis 89,9 millions $ sur deux ans pour créer ou rénover 3000 places. Si la moitié de cette somme était consacrée à la création de nouvelles places, cela signifierait l’ouverture de deux nouvelles maisons d’hébergement dans chaque province.

L’argent sera géré par le Société canadienne d’hypothèques et de logement, qui supervise déjà un fonds pour améliorer les refuges dans les réserves autochtones.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!