MONTRÉAL – La Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait profiter du paysage politique actuel pour s’affirmer et éveiller le nationalisme québécois, croit le chroniqueur et ancien animateur Gilles Proulx.

Au cours d’une conférence d’un peu plus d’une heure sur le nationalisme québécois organisée par la CAQ, mardi soir, à Montréal, M. Proulx a déclaré que la formation politique menée par François Legault s’avérait être une solution de rechange au Parti libéral et au Parti québécois, qui est présentement engagé dans une deuxième course à la direction en un an.

«On pense qu’il n’y a que le Parti libéral qui va sauver notre beau pays, qui n’est pas menacé. Et l’autre parti, lui, veut briser mon pays, a illustré M. Proulx en réponse à la question d’un participant. Dans cette limitation d’analyse politique ignorante, on maintient le statu quo.»

«Et on constate petit à petit, qu’avec la déception d’un gouvernement qui est là et qui n’assume pas sa responsabilité d’un gouvernement québécois francophone, on prend conscience, qu’après tout, il y a la CAQ», a-t-il ajouté.

Selon le coloré personnage, la formation de M. Legault a soulevé, avec sa nouvelle approche, l’intérêt chez la clientèle nationaliste du Parti québécois, qui ne souhaite pas nécessairement la souveraineté. Et le deuxième groupe d’opposition pourrait en récolter les fruits lors de la prochaine élection, croit-il.

«Je pense que (François) Legault est en train de provoquer une fissure dans la forteresse du PQ, a-t-il poursuivi en entrevue avec La Presse Canadienne après la conférence. L’appel de (François) Legault pourrait être attirant, donc grossir les effectifs et la machine de sa formation, ce qui pourra lui permettre de devenir une redoutable opposition sinon un pouvoir.»

L’ancien animateur a fait valoir que la CAQ agissait présentement comme la véritable opposition par «sa pertinence du soulèvement des problèmes», qui sont mis à l’ordre du jour politique.

«La preuve, c’est que le Parti libéral lui en vole (des idées) tout en le ridiculisant auparavant», a-t-il résumé.

Des flèches pour le PLQ et le PQ

M. Proulx, qui n’est pas reconnu pour avoir la langue dans sa poche, ne s’est pas fait prier pour lancer quelques flèches en direction des deux principaux partis. Il s’en est pris à plusieurs reprises au gouvernement libéral de Philippe Couillard, qu’il a qualifié sans détour de «pire gouvernement depuis la Confédération».

«Il n’y a pas eu un gouvernement depuis la naissance de la confédération qui a pu se permettre d’avoir une attitude méprisante envers tous ceux qui ont oeuvré à élever l’identité du Québec», a-t-il déclaré en entrevue.

M. Proulx a notamment reproché au PLQ sa décision de reporter l’implantation du nouveau cours d’Histoire du Québec et du Canada «pour ne pas déplaire à une minorité qui le garde au pouvoir». Il a d’ailleurs souvent répété que l’éducation était à la base de la stimulation du sentiment d’appartenance, tout comme «l’amour de la langue française».

«Le pire geste méprisant, c’est de flanquer aux poubelles deux projets d’enseignement de l’histoire sous prétexte qu’il peut y avoir de la propagande, a-t-il expliqué. Les faits historiques ne sont pas de la propagande. Ce sont des faits qui peuvent gêner ceux qui ne sont pas d’accord avec ce que l’histoire exprime.»

Étant donné le contexte actuel, le PQ n’a lui aussi pas été épargné. M. Proulx a d’ailleurs reproché à la formation politique de ne pas en être une qui cherche «l’identitaire et l’affirmation» depuis la démission de Bernard Landry, en 2005.

«Depuis l’expulsion par lui-même de Bernard Landry, ce parti-là n’a fait que patauger d’une période à l’autre, de transition en transition», a exprimé le conférencier. Résultat: il ressemble au Parti libéral. «La seule différence entre le PQ et le Parti libéral, c’est le fait qu’il a dans son programme un rêve d’indépendance (tout en) sachant qu’il n’a pas l’appui majoritaire.»

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