Archives Métro L'île d'Anticosti.

MONTRÉAL – Une demande d’injonction permanente dans le but d’empêcher les travaux exploratoires sur l’île d’Anticosti a été déposée au palais de justice de Montréal, vendredi, par le chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho.

Le chef a également signé une demande pour qu’une seconde requête d’injonction, celle-ci interlocutoire, soit déposée lundi au palais de justice de Québec.

La requête d’injonction qui sera déposée lundi, si elle est approuvée, entrera en vigueur dans l’immédiat. La demande déposée ce vendredi contre le Procureur général du Québec et l’entreprise Hydrocarbures Anticosti ne serait quant à elle effective qu’une fois un jugement rendu.

«Nous allons plaider l’urgence et demander une injonction provisoire», a dit l’avocat du Conseil des Innus d’Ekuanitshit, David Schulze, expliquant comment il entrevoit la suite des choses à partir de lundi.

La réserve d’Ekuanitshit fait face à l’île de Mingan et à celle d’Anticosti, un peu plus loin. La localité se trouve au confluent de la rivière Mingan et du fleuve Saint-Laurent.

La nation innue estime ne pas avoir été consultée dans le dossier d’exploration pétrolière à Anticosti. Son argumentaire reposera par ailleurs sur la protection d’espèces menacées telles que des poissons — notamment le saumon — et des oiseaux migrateurs.

Des «correspondances» ont été envoyées par la communauté que M. Piétacho représente depuis des années sans obtenir de réponse jusqu’à tout récemment, a-t-il indiqué. La société Pétrolia a ensuite voulu le rencontrer «en catastrophe» à huit jours du jugement. «Pour moi, cela n’est pas de la consultation», a déploré le chef du Conseil des Innus de la localité.

Ce dernier a prévenu que sa communauté était prête, si nécessaire, à occuper les lieux des travaux exploratoires de Pétrolia pour empêcher tout forage.

«Les impacts (environnementaux) seront majeurs parce que l’île a cette particularité d’avoir une géologie très fragile et on nous dit que pour faire trois ou quatre forages ils auront besoin de 30 millions de litres d’eau. À côté, la municipalité de Port-Menier n’a même pas d’approvisionnement en eau potable adéquat», a dit M. Piétacho.

D’autres communautés autochtones pourraient s’ajouter à la requête d’injonction déposée vendredi. Le chef innu a par ailleurs souligné qu’il avait obtenu, dans les derniers jours, plusieurs appuis de membres de l’Assemblée des Premières Nations.

La communauté d’Ekuanitshit souhaite que le gouvernement fédéral s’implique dans le dossier, a dit Me Schulze.

«Le fédéral attend qu’on lui donne un permis, généralement. Il n’est pas très proactif dans les dossiers environnementaux, sauf à de rares occasions», a-t-il ajouté.

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