Diane Sagnier Patrick Bruel

Derrière le personnage aussi omniprésent que triomphant se cache un homme sensible et humain. C’est du moins ce que dévoile le tout nouvel album de Patrick Bruel, Lequel de nous. Le premier depuis six ans. Rencontre.

Lorsque, depuis la périphérie, on examinait le phénomène Bruel, plusieurs observateurs voyaient en lui une belle gueule plus ou moins clinquante, fédératrice de minettes, quand ce n’était pas cet ancien joueur de soccer m’as-tu-vu qui aurait pu faire carrière ou encore ce joueur de poker professionnel auquel tout réussit.

Puis, voilà cet album qui oscille entre le bon et le très bon, dont l’écriture se révèle inspirée et les mélodies fort accrocheuses. Bref, entre les retrouvailles de la bande de Place des grands hommes, la double lecture qu’on peut faire de la chanson titre, un hommage aux femmes de sa vie et une réflexion sur le printemps arabe, Bruel touche et parfois émeut.

Comme si un élément capital l’avait à jamais transformé. «Il y a peut-être un côté nostalgique et mélancolique, mais c’est un album tourné vers l’avenir. Surtout à travers le regard de mes enfants. Forcément, lorsque tu regardes les choses avec lucidité et avec froideur, ce n’est pas très encourageant. Il faut essayer d’enrober un peu tout ça», explique Bruel, qui a connu le divorce et dont un des copains de la bande de la chanson Place des grands hommes est vraiment disparu. Ce qui nous vaut la suite, Dans ces moments-là, qui ouvre le disque.

Une œuvre intimiste, certes, mais aussi éclectique sur le plan musical comme en témoigne ce duo avec le rappeur La Fouine dans Maux d’enfants. Une pièce qui exprime la cruauté dont font usage certains jeunes sur les réseaux sociaux.

C’est pour faire accepter cet éclectisme que Bruel, qui a beaucoup travaillé sa voix, a porté une attention rigoureuse aux textes. Ciment de l’album. «Le mot d’ordre? Où allait le texte? Ensuite, nous installions les arrangements, les couleurs musicales. Nous ne savions pas que Maux d’enfants serait un hip-hop ni que Lequel de nous deviendrait un klezmer. Mais il est vrai que mes textes sont peut-être plus aboutis. Puis, au final, de voir mon fils Léon, sept ans, avec cet objet dans les mains [l’album] et de le voir écouter les chansons en boucle, ç’a été vraiment très touchant, très touchant», enchaîne l’heureux papa, qui prévoit se produire dans nos contrées à l’automne.

Il nous quitte en imitant, avec un certain talent, l’accent québécois : «Arrête don’ d’me niaiser, toué-là!» OK, promis.

Lequel de nous
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