Le Dictateur: Ben Kingsley, oncle de tyran
Sir Ben Kingsley a joué Gandhi et bien d’autres grands personnages au cours de sa longue carrière, mais n’a jamais été un roi de la comédie, il le dit lui-même. «Les plus grands, comme Chaplin et Sacha Baron Cohen, cite le comédien dans un même souffle, semblent n’avoir à fournir aucun effort. Mais ce n’est pas un art sans effort.» Dans The Dictator, Sir Kingsley joue l’oncle menaçant du l’amiral général Aladeen (Cohen), dictateur d’un pays d’Afrique fictif, le Wadiya. Même s’il ne fait pas de blagues à toutes les deux minutes comme Cohen, l’acteur britannique apporte une touche de sophistication au film… et à notre entrevue.
Vous avez passé beaucoup de temps à tenir la main de Sacha Baron Cohen durant le film. Comment avez-vous trouvé cela?
C’est la relation entre nous, vous voyez. Je suis son oncle, et je sais qu’il est encore un enfant. Alors, que ça soit à l’ONU ou l’arrivée à New York, ou la visite d’une usine nucléaire, c’est comme s’il traversait une rue. Mon personnage sait qu’Aladeen est un parfait idiot et qu’il n’a rien fait pour pousser son éducation plus loin. C’est mieux pour l’oncle de continuer à l’infantiliser.
Sacha Baron Cohen est l’homme derrière Borat, que plusieurs considèrent comme l’un des meilleurs films de la dernière décennie, bien qu’il n’ait pas été en lice pour un Oscar dans la catégorie du Meilleur film. Pourquoi les comédies ne gagnent-elles jamais dans cette catégorie?
Je crois qu’il y a une conception fausse, et compréhensible, qui veut que la comédie soit quelque chose de facile – qu’en fait, on s’amuse tout le long, qu’on ne fait que des pitreries devant la caméra. Je pourrais en parler des années pour tenter de briser ce mythe, mais personne ne veut rien entendre. Sacha me parlait de la science de la comédie – qu’il a notée sur une échelle de 1 à 10, selon la valeur de telle ou telle réaction. Pour ce film, au montage, il se demandait parfois s’il devait choisir deux «7» ou les couper et tenter d’obtenir un «10», le tout en piquant constamment le nerf du préjugé chez les gens.
Jouer dans ce film vous a-t-il demandé autant d’efforts que de jouer Gandhi?
La chimie de mon corps change quand j’entends «Action!», peu importe ce que je fais. Que ça soit un marathon ou une série de sprints, j’utilise les mêmes muscles… je ne fais donc pas la différence.
The Dictator
En salle dès mercredi
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