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La loi spéciale semble avoir donné un second souffle au mouvement de protestation étudiant. Ils étaient une centaine de milliers mardi dans les rues de Montréal, pour souligner le 100e jour de la grève contre la hausse des droits de scolarité.

Impossible de se déplacer dans l’immense cortège sans marcher au rythme du slogan «La loi spéciale, on s’en câlisse». La loi 78 a éclipsé la hausse des droits de scolarité dans les revendications des manifestants, même si Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large pour une Solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a rappelé que ce conflit ne se réglera pas sans parler des droits de scolarité.

La manifestation en photos

Ils étaient un peu moins nombreux dans la rue cette fois-ci que le 22 mars, mais une centaine de milliers de personnes se sont tout de même réunies pour protester. «On ne peut pas faire la plus grosse manifestation de l’Histoire du Québec à chaque fois», a ironisé Martine Desjardins, présidente de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ).

La CLASSE avait déclaré la veille qu’elle resterait fidèle à ses principes et qu’aucune charte ne l’obligerait à déclarer un itinéraire précis comme l’exige pourtant la nouvelle loi. Promesse tenue puisqu’au croisement des rues Jeanne-Mance et Sherbrooke, la tête du peloton n’a pas tourné vers l’est comme prévu, mais a bifurqué en direction de l’ouest de la ville.

Le but de cet affront était de démontrer le «ridicule» de la loi 78. «Si on veut s’en prendre aux élus de la CLASSE avec des amendes salées, il faudra également donner des amendes aux milliers de personnes présentes», a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois. Finalement, une grande partie du cortège a lui aussi changé de parcours pour se diriger vers l’ouest.

De leur côté, la FEUQ et la FECQ ont précisé quelques minutes avant le départ de la marche qu’elles s’en tiendraient à l’itinéraire annoncé et qu’elles demandaient à leurs membres de le respecter. «Utiliser le trajet donné à la police, c’est permettre à tout le monde de manifester comme il faut», a assuré Léo Bureau-Blouin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Le cortège s’est donc divisé en milieu d’après-midi. La bannière de l’Alliance sociale, qui regroupait les centrales syndicales et les deux fédérations étudiantes, a rallié le parc Lafontaine par la rue Sherbrooke Est.

Ces deux cortèges se sont déroulés dans la bonne humeur même si les contestataires semblaient très déterminés à se faire entendre. Beaucoup de têtes blanches avaient rejoint les étudiants dans ces rues rouges de monde. Des personnalités ont aussi pris part au rassemblement, parmi lesquels les chanteurs Michel Rivard, Yann Perreau et Paul Piché ainsi que Gilles Duceppe, l’ancien chef du Bloc québécois.

Un troisième défilé s’est encore soustrait à la masse, au coin du boulevard De Maisonneuve et de la rue Drummond. Leurs habits noirs laissent supposer qu’il s’agissait de membres du Black block, un groupe parmi les plus radicaux. Quelques vitrines ont été brisées sur leur passage.

Les manifestants des trois groupes se sont finalement retrouvés au parc Lafontaine, en fin d’après-midi, comme il était prévu dans l’itinéraire initial.

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