Nicolas Ledain / TC Media Le Centre de ressources de cannabis permet de réduire les délais de prescription au Québec.

Le Centre de ressources de cannabis propose de faire des prescriptions de cannabis médical par des consultations à distance avec des médecins agréés. Un franchisé a désormais pignon sur rue dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

Les grandes feuilles de cannabis vertes imprimées sur la porte et sur la devanture du bâtiment situé au 1050 de la rue Sauvé Est attirent l’œil des curieux depuis quelques jours.

«Ça se voit que ça interpelle, les gens regardent, mais ils sont gênés de venir demander ce que je fais», constate Simon Chartrand, conseiller de cette nouvelle franchise du Centre de ressources de cannabis (CRC), ouverte depuis le 1er août dans le quartier.

Pourtant à l’intérieur, il n’y a ni marihuana, ni matériel de fumeur, ni «musique de Bob Marley», précise M.Chartrand. Le CRC est une structure qui aide à obtenir des prescriptions de cannabis à des fins médicales au Québec. Il compte désormais sept franchises dans la province et celle d’Ahuntsic-Cartierville est la première de Montréal.

Les personnes qui sont éligibles à des prescriptions de cannabis peuvent se rendre dans ces centres avec les documents médicaux de diagnostic d’une maladie ou d’un problème de santé. Les CRC organisent ensuite des consultations via Skype avec des médecins en dehors de la province qui se chargent des prescriptions, les envoient à des producteurs autorisés par Santé Canada et les produits sont ensuite livrés au domicile.

«C’est tellement compliqué d’obtenir ces prescriptions au Québec que ça nous permet d’exister. On parle d’un délai d’un an, avec nous c’est fait en deux semaines», avance Simon Chartrand.

Si le CRC fait appel à des médecins d’autres provinces, c’est parce qu’ils ne sont pas tenus de respecter le Code de déontologie imposé aux professionnels de santé au Québec.

Ce document stipule dans son article 48 que «le médecin doit s’abstenir d’avoir recours à des examens, investigations ou traitements insuffisamment éprouvés, sauf dans le cadre d’un projet de recherche et dans un milieu scientifique reconnus».

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) oblige donc les professionnels qui souhaitent prescrire du cannabis à passer par un long processus. Ils peuvent aussi participer au projet dirigé par le Dr Mark Ware au Centre universitaire de santé McGill. Son étude permet d’alimenter la base de données Registre Cannabis-Québec pour en savoir plus sur les effets de ces traitements. Ce sont ces contraintes réglementaires qui allongent les délais.

«On a du monde qui vient en dernier recours parce qu’ils n’arrivent pas à avoir ce qu’ils demandent. On est 15 ou 20 ans en arrière sur la question du cannabis», juge Simon Chartrand.

Le Collège des médecins du Québec indique être au courant de l’existence de ces centres qui ouvrent en toute légalité, mais déplore que des professionnels de santé soutiennent ces activités.

«Il ne s’agit pas d’une bonne pratique. Ces médecins ne font habituellement pas le suivi des patients à qui ils prescrivent du cannabis», indique le service de presse du CMQ.

Interrogé par TC Media, Santé Canada ne se prononce pas sur la légalité de ces structures en invoquant des renseignements commerciaux confidentiels.

Le CRC n’a toutefois pas besoin d’une autorisation du ministère puisqu’il n’agit qu’à titre d’intermédiaire entre les patients et les médecins d’autres provinces.

Du cannabis sous de multiples formesLes personnes qui se font prescrire du cannabis à des fins médicales sont autorisées à posséder jusqu’à l’équivalent de 150 grammes de cannabis séché partout au Canada. Santé Canada délivre aussi des autorisations pour la culture à domicile. Les producteurs autorisés par le ministère rivalisent de nouveautés pour administrer ce cannabis.

Il peut être pris sous forme de pilules, de capsules, de vaporisateur, d’huiles et même de poudre à diluer dans de l’eau ou de la nourriture afin de ne pas inciter les patients à fumer l’herbe séchée.

Par ailleurs, certains produits ne contiennent que du cannabidiol (CBD) sans tétrahydrocannabinol (THC), ce qui aura un effet sur les douleurs, mais pas sur le cerveau. Les patients ne ressentiront pas la désinhibition souvent associée à la consommation de marihuana.

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