Hugo Lorini/TC Media Lena Kadian, directrice de l’école arménienne Sourp Hagop, a déjà reçu par le passé 126 enfants réfugiés. Elle est prête à ouvrir une nouvelle classe immédiatement.

Au plus fort du débat entourant l’accueil de réfugiés syriens au Canada, des organismes d’Ahuntsic-Cartierville s’étonnent de n’avoir encore reçu aucune nouvelle du ministère ou de la Ville. On craint de ne pas avoir assez de temps pour s’organiser pour recevoir convenablement ces migrants.

Le Centre d’appui pour les communautés immigrantes (CACI) a déjà reçu 600 réfugiés syriens depuis 2014. «À l’heure où on se parle, personne ne nous a informés de rien, s’étonne Anaït Aleksanian, directrice du CACI. Pourtant tout le monde sait ce que nous faisons et ce que nous savons faire.»

Pour Mme Aleksanian connaître le nombre de personnes attendues et leurs dates d’arrivée permettrait de mobiliser les ressources nécessaires. «Si on sait suffisamment de temps avant qu’ils n’arrivent on saura comment s’organiser», explique-t-elle.

L’école arménienne Sourp Hagop, a déjà reçu par le passé des enfants réfugiés. «Depuis novembre 2014, nous avons ouvert quatre classes d’accueil, indique Lena Kadian, directrice de l’établissement. Nous sommes prêts à ouvrir une classe de plus.» Le local est prêt et elle évoque la possibilité d’ouvrir d’autres classes mobiles. «Mais nous n’en sommes pas là», dit-elle.

Alors que les semaines avancent, Mme Kadian constate qu’elle n’a reçu aucune information concernant les nouveaux réfugiés attendus d’ici la fin de l’année. «On suppose que ces gens arriveront en plein hiver québécois, ils n’ont jamais vu ça», observe-t-elle. Elle se souvient qu’il fallait préparer les enfants déjà arrivés à cette éventualité.

«On nous a offert des habits d’hivers neufs. Ils seront bien utiles pour les enfants déjà inscrits», souligne-t-elle.

On est maintenu dans la même ignorance à Saint-Laurent. «Nous ne savons pas encore combien d’enfants arriveront. Aucun chiffre ne nous a été communiqué. Mais avant la fin de l’année, nous avons prévu agrandir trois écoles pour pouvoir scolariser tout le monde», assure Diane Lamarche-Venne, présidente de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB).

Organisation
À Sourp Hagop on évoque aussi le besoin de s’organiser. L’école, qui est un établissement privé, bénéficie de l’aide de sa fondation

De plus, pour les 126 enfants déjà reçus, l’administration de l’école a dû recourir à ses propres fonds pour compenser les besoins financiers.

«Les enfants qui sont inscrits après le 30 septembre ne sont pas admissibles aux subventions du ministère, nous avons déjà vécu cette situation durant l’année scolaire 2014 et 2015. On a pu obtenir une aide financière, mais cela ne couvrait pas la totalité des frais.»

Elle redoute que la situation se reproduise, mais assure que toutes les familles réfugiées qui solliciteront Sourp Hagop seront reçues. «Nous ne refuserons aucun enfant pour une question d’argent.»

En attente d’un plan d’action
Des organismes locaux qui ont déjà accueilli des réfugiés sont nombreux. «Je peux en citer beaucoup, ils ont une expérience qui sera certainement utile», soutient Harout Chitilian, conseiller de Bordeaux-Cartierville.

Pour lui effectivement le temps file vite, mais l’élu comprend aussi pourquoi l’information n’est pas arrivée chez les interlocuteurs des organismes. «Ceux qui doivent communiquer l’information ne l’ont pas encore», dit-il.

«Il y a un comité qui sera installé à Montréal et il devra faire le tour de la question et recenser tous les moyens et toutes les ressources existants pour mettre en place le plan d’action de la Ville pour recevoir les réfugiés, croit-il. À ce moment-là on saura qui va piloter l’opération.» Le comité s’est réuni la première fois le 19 novembre. Un représentant de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville a pris part à cette rencontre.

 Quel rôle pour les organismes?

Émilie Thuillier, conseillère d’Ahuntsic, mais également leader de l’opposition à l’Hôtel de Ville, est convaincue que les réfugiés doivent arriver au plus tôt. Elle déplore toutefois, le peu d’informations reçues à ce sujet même chez les élus. «Nous sommes dans l’ignorance parce que nous ne sommes pas dans les rouages.» Elle ignore également s’il y aura un rôle assigné aux organismes locaux. «S’il y’en a un, il n’est pas encore défini», dit-elle.

Pour le maire Pierre Gagnier, il est aussi urgent que les réfugiés syriens arrivent. «Cela leur permettra au moins de mieux appréhender notre hiver alors que les températures sont encore clémentes», observe-t-il.

Alors que lui-même ne sait pas encore quelle proportion des 25000 réfugiés attendus d’ici la fin de l’année atterrira à Ahuntsic-Cartierville, il constate que les gens sur le terrain ont déjà l’expérience nécessaire pour accueillir convenablement ces gens.

Dans le plan d’action de la Ville de Montréal pour s’assurer de l’encadrement des réfugiés syriens qu’elle accueillera, quatre comités ont été créés pour assurer la coordination de l’opération.

Un Comité d’intégration réunira l’ensemble des groupes sociaux communautaires, mais on ne connaît pas son responsable. Par ailleurs, un comité logement et éducation sera mené par Russell Copeman, responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville. la vice-présidente du comité exécutif et responsable de la sécurité, Anie Samson, sera responsable du comité de la sécurité.

 

 

 

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