Amine Esseghir/TC Media Une dizaine de personnes s'est rassemblée devant le palais de justice de Montréal pour dénoncer les conditions carcérales à Tanguay et les compressions budgétaires dans les prisons.

Une dizaine de personnes s’inquiètent les conditions de vie dans lesquelles les femmes seront détenues après leur transfert de Tanguay au centre Leclerc, à Laval. Ils se sont rassemblés devant le palais de justice de Montréal, lundi, midi. Un texte a été présenté comme la lettre d’une détenue de la prison pour femmes.

Le regroupement «Toute détention est politique», dépeint les conditions difficiles à la prison Tanguay qui sera fermée au courant du mois de février.

On y décrit la surpopulation, les lacunes dans la prise en charge médicale, le manque de nourriture et l’insalubrité.

«Nous sommes malades, les murs des établissements sont rongés par la moisissure, les rats font partie de nos compagnons de cellules», ont lu les manifestants.

Selon eux, des compressions budgétaires ont poussé à la fermeture de la prison. «On ferme Tanguay pour des raisons budgétaires et parce que l’édifice est considéré comme insalubre pour nous déménager à Leclerc, qui est pratiquement dans le même état.»

Or, en septembre 2015, le ministère de la Sécurité publique a justifié sa décision par la désuétude des installations. Des travaux ont été effectués pour aménager le centre de détention de la Montée Saint-François pour devenir mixte. Il recevra 248 femmes et 80 hommes.

Fin des programmes?
«Toute détention est politique» craint qu’après le transfert, les prisonnières n’aient plus accès à des programmes comme la zoothérapie, l’art thérapie et le service de la friperie. Les détenues pourraient devoir compter sur des proches pour avoir des vêtements ou de l’argent.

On appréhende aussi à nouveau un problème de surpopulation. «On planifie de mettre 3-4 filles par cellules», avancent les manifestants.

Au moment de publier ces lignes, le ministère de la Sécurité publique n’était pas en mesure de nous fournir les informations quant aux conditions de détention au centre Leclerc, mais promettait de le faire dans les prochains jours.

 

Un peu d’histoire

L’établissement de détention Tanguay, inauguré en 1964, était le plus gros centre de détention pour femmes au Québec. Construit sur le terrain de la prison de Bordeaux, il comprend 220 places et accueille actuellement 240 détenues. La prison Leclerc a été construite la même année et a connu des rénovations en 2014.

 

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