Amine Esseghir/TC Media Bordeaux-Cartierville est un quartier sûr qui gagnerait à développer de l'agriculture urbaine.

Si beaucoup de résidents de Bordeaux-Cartierville considèrent que leur quartier est sûr, nombre d’entre eux estiment qu’ils gagneraient en qualité de vie si plus d’équipements de loisirs étaient disponibles et si des efforts étaient faits pour développer l’agriculture en ville.

Ce sont les principaux résultats d’un sondage sur l’aménagement urbain dans Bordeaux-Cartierville, mené auprès des citoyens par le Conseil local des intervenants communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartierville.

Le quartier n’échappe pas à la tendance enregistrée dans d’autres secteurs de Montréal. On demande plus d’agriculture urbaine. Près de 60% des résidents sondés sont favorables et 83% d’entre eux sont disposés à acheter des produits agricoles cultivés dans le quartier. Quand 63% disent ne pas planter de légumes chez eux, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas l’espace pour le faire.

Un quartier sécuritaire
Par ailleurs, selon les données de cette enquête, rendues publiques il y a quelques jours, 92% des personnes interrogées disent se sentir en sécurité le jour et 68% la nuit.

Ceux qui ont exprimé quelques craintes ont pointé du doigt la circulation automobile trop rapide sur certaines artères ou le manque d’éclairage dans certaines zones du quartier.

Cette perception rompt avec la réputation de secteur peu fréquentable souvent véhiculée. «Il y a longtemps que Bordeaux-Cartierville n’est plus un quartier qui a mauvaise réputation, assure Nathalie Fortin, directrice du CLIC. Ce sont souvent les médias qui ont amplifié les choses.»

Elle rappelle que le secteur connaît un niveau de criminalité très bas. Par ailleurs, les conditions socioéconomiques difficiles d’une bonne partie de la population n’ont pas entrainé de problèmes de délinquance notables.

Plus de loisirs
Selon les répondants, la situation serait encore meilleure si plus d’investissements étaient consentis à la création d’espaces d’amusements.

Si 53% trouvent le nombre d’équipements de loisirs suffisants, ceux qui déplorent des manques veulent plus de jeux pour enfants et adultes dans les parcs et plus de piscines. Dans ce secteur de l’arrondissement qui compte plus de 50 000 habitants, on n’en dénombre que trois.

C’est la première fois qu’un sondage aussi complet est réalisé à Bordeaux-Cartierville. Il a été mené par le CLIC avec ses propres moyens durant l’été 2015 auprès de 272 personnes qui ont répondu à 77 questions.

«Le sondage sera surtout utile à l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et à la Ville de Montréal, car plusieurs actions en aménagement urbain relèvent de leurs responsabilités», indique la directrice de l’organisme.

Vous pouvez consulter ici l’intégralité du sondage.

Ils seront encore là dans 20 ans si…

On a demandé, dans le sondage, quelles raisons pousseraient les gens à demeurer dans le quartier dans 20 ans. Une interrogation légitime quand on sait que Bordeaux-Cartierville peine à retenir ceux qui s’y installent, notamment les nouveaux arrivants qui constituent 50% de la population.

«Il y a des gens qui au fond aiment le quartier, ses espaces verts, sa vie communautaire, mais qui partent parce qu’ils n’ont pas le choix, parce que leur logement est trop petit ou trop coûteux, ou les deux», explique Nathalie Fortin, directrice du CLIC.

Les données du sondage offrent déjà des pistes pour favoriser le maintien de ces résidents à Bordeaux-Cartierville. Des priorités apparaissent aux yeux de Mme Fortin.

«Il faut construire des logements locatifs abordables qui pourront retenir les gens à revenu modeste dans le quartier» dit-elle.

Elle souhaite que cela soit accompagné par la construction d’une Maison de quartier comme espace culturel et de loisirs et des actions pour rendre agréables les déplacements pour les piétons.

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