Archives | Ryan Remiorz/La Presse Canadienne Michael Applebaum et son avocat Pierre Teasdale.

MONTRÉAL – Estimant que les délais avant son procès, qui doit débuter en septembre 2017, lui portent préjudice, l’ex-maire intérimaire de Montréal, Michael Applebaum, exige un arrêt des procédures.

En attente depuis qu’il a été arrêté en juin 2013, celui-ci s’est présenté comme une victime, lundi, au Palais de justice de Montréal, en s’adressant au juge Robert Marchi.

M. Applebaum a entre autres raconté avoir de la difficulté à vivre de son titre d’agent immobilier indépendant et à obtenir la confiance de clients potentiels en raison des accusations qui pèsent à contre lui.

«C’est difficile d’approcher des gens et d’obtenir leur confiance, a-t-il expliqué, au cours d’un témoignage pendant lequel il a parfois essuyé quelques larmes. C’est difficile parce que je suis coupable jusqu’à ce que je prouve mon innocence.»

Le juge Marchi a pris la cause en délibéré et rendra sa décision le 28 juin dans ce dossier.

Maire de Montréal entre novembre 2012 et juin 2013, M. Applebaum, qui clame son innocence, fait face à 14 accusations, notamment de fraude, d’abus de confiance et de corruption.

Les gestes qu’on lui reproche concernent des projets immobiliers et seraient survenus entre 2000 et 2012 alors qu’il représentait l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce—Côte-des-Neiges.

Marié et père de trois enfants âgés dans la vingtaine, l’accusé de 53 ans avance que les accusations déposées contre lui le placent dans une position délicate dans la mesure où il est déjà considéré comme coupable par le public.

Il dit s’empêcher de sortir pour éviter d’être jugé par les autres.

«Les délais vont faire 51 mois, ma vie a été mise sur pause (…) et je suis prêt à subir mon procès demain, j’étais prêt à y aller il y a des années», a lancé l’ancien maire intérimaire de la métropole.

De plus, dans le passé, des journalistes se sont présentés chez lui ainsi que dans son quartier. Cela survenait toutefois lorsque M. Applebaum devait se présenter devant le tribunal.

Disant éprouver des difficultés financières, l’ex-politicien dit avoir en tête d’autres projets — qui n’ont toutefois pas été dévoilés —, mais affirme avoir échoué dans sa tentative d’obtenir un prêt auprès de la Banque Nationale, une institution avec laquelle il fait affaires depuis de nombreuses années.

Selon M. Applebaum, les délais avant le début de son procès ainsi que les accusations auxquelles il fait face l’empêchent de convaincre des investisseurs potentiels.

Souffrant de colite ulcéreuse depuis l’âge de 23 ans, l’accusé affirme que son état de santé l’oblige à éviter les situations stressantes, ce qu’il parvient difficilement à faire dans la situation actuelle.

La Couronne s’est opposée à l’arrêt des procédures, affirmant notamment que les doléances de M. Applebaum étaient attribuables aux accusations qui pèsent sur ce dernier et non sur les délais avant le début de son procès.

En s’adressant au juge, la procureure Nathalie Klebera a également ajouté que les conditions de remise en liberté de l’ancien maire intérimaire étaient «minimales».

Au cours de l’audience, le juge Marchi s’est par ailleurs adressé aux deux parties en leur demandant, sans faire de promesse, si elles étaient d’accord à ce que le procès se déroule cet automne, si des dates étaient disponibles.

Les deux avocats, qui ne se sont pas adressés aux médias, ont semblé en faveur de cette suggestion, tout comme M. Applebaum.

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