Josie Desmarais/Métro

Bien que Montréal soit connu pour ses bagels et que les pizzerias traditionnelles et les grillades portugaises aient la cote, la Ville songe à restreindre les restaurants se servant de fours à bois ou faisant de la cuisson au charbon de bois.

Le responsable de l’environnement au sein du comité exécutif, Jean-François Parenteau, souhaite établir une règlementation sur la cuisson au bois «en 2019». «On va aller vers une transition fort probablement, indique-t-il à Métro. On veut une règlementation qui ne va pas léser certains commerçants. Certaines entreprises me disent que si tout le monde fait la conversion au gaz, ce sera tant mieux parce qu’il n’y aura pas de privilège. On va le faire avec les commerçants, on va les aviser, il va y avoir une période de tolérance.»

La cuisson au bois produit des particules fines, très polluantes, qui sont dans la mire de Montréal. C’est pour cette raison que la Ville a interdit le chauffage au bois dans les résidences, à moins d’avoir un appareil particulier homologué et peu polluant.

«Pour les briquettes de charbon, ce n’est pas les particules fines le problème, mais plutôt les odeurs de cuisson. C’est le règlement sur les nuisances qu’il faut ajuster», ajoute M. Parenteau.

Il dit être sensible à la question des grillades portugaises et des bagels, plats très populaires à Montréal, mais il assure qu’il s’agit d’une question de «santé publique et de qualité de l’air». «Le problème est souvent la quantité. Quand tu as une production industrielle de bagels dans un milieu résidentiel, là, c’est un problème. Quand la cuisson part, on voit les particules sur la neige l’hiver et c’est ce que le voisinage respire», rapporte l’élu.

Questionné par Métro, le propriétaire du restaurant portugais Ma Poule mouillée, Tony Alves, assure qu’il se conformera s’il y a une nouvelle règlementation, bien qu’il y ait un attachement au traditionnel charbon de bois. «C’est sûr qu’avec le charbon, ça goûte différent, mentionne le chef et propriétaire. S’ils vont arrêter le charbon c’est pour tout le monde, alors qu’est-ce qu’on va faire?»

M. Alves doit changer ses six filtres deux fois par semaine pour limiter les émissions de particules et les odeurs. Si la Ville de Montréal devait adopter une réglementation plus rigoureuse, le propriétaire dit qu’il serait prêt à la suivre pour conserver le charbon «Il y a deux ans, ils ont changé le règlement pour avoir trois sections de filtres pour avoir un système écologique, rapporte-t-il. Tout ce qu’ils nous obligent à faire, on le fait.»

Métro a tenté de joindre les compagnies de bagels qui opèrent au bois pour avoir leurs commentaires, sans succès.

Un premier moratoire
Aux prises avec de nombreuses plaintes pour odeurs et fumée, particulièrement de deux commerces, l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, n’a pas voulu attendre la règlementation de la ville-centre pour légiférer.

Le conseil d’arrondissement a adopté mardi une deuxième proposition de règlement qui interdira carrément «les établissements commerciaux utilisant la cuisson d’aliments au moyen d’un feu de bois ou de charbon de bois», une première à Montréal.

Les quatre commerces qui utilisent déjà de tels équipements bénéficieront toutefois d’un droit acquis.

Ce règlement pourrait être contesté par des citoyens via référendum, mais si ce n’est pas le cas, le moratoire sera adopté au prochain conseil d’arrondissement, le 12 novembre. Selon les informations obtenues par Métro, les élus souhaitent procéder rapidement, quitte à se conformer au futur règlement de la ville-centre.

Foyer d’accueil de deux importantes fabriques de bagels, de nombreux restaurants portugais et de pizzerias, le Plateau-Mont-Royal songe aussi à devancer le règlement de la ville-centre. «Le Plateau étudie actuellement le règlement d’Ahuntsic et pourrait aller de l’avant prochainement avec une approche semblable», indique à Métro le directeur du cabinet de Luc Ferrandez, Sébastien Parent-Durand.

Aucun échéancier n’est toutefois dans la mire de l’administration de l’arrondissement.

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