Le Plateau-Mont-Royal est prêt pour la lutte estivale contre l’agrile du frêne, alors que le conseil d’arrondissement a autorisé le transfert de 260 000$ de la réserve des imprévus de la Division des parcs et horticulture pour combattre le fléau.

Le verdict est tombé: tous les arbres du quartier sont contaminés. S’ils ne le sont pas, c’est imminent.

«Nous avons mis des pièges à agrile à chaque coin de l’arrondissement et ils étaient tous remplis de cet insecte. Si tous les frênes ne sont pas atteints, ça ne saurait tarder», indique la conseillère responsable du verdissement, Marianne Giguère.

Un total de 730 000$ sera dédié, cette année uniquement, à ce combat. Sur ce montant, 300 000$ proviennent du fonds d’opérations d’arboricultures normales de la division des parcs et de l’horticulture et le reste devrait provenir d’une aide de la ville-centre.

L’arrondissement traitera donc 1700 arbres et en remplacera 300 au courant de l’été. Les nouveaux arbres, bien que planté aussi mature que possible, seront beaucoup plus petits que leurs prédécesseurs.

«On veut les planter le plus mature possible, mais on ne peut pas non plus les planter trop mature, car les pertes sont trop importantes. Les plantations sont confrontées à des conditions de vie si difficiles, qu’on parle du calcium, des blessures occasionnées par la machinerie en hiver ou du peu d’espace qu’ils ont pour développer des racines», mentionne Mme Giguère.

Les années prochaines, les montants seront moins importants, mais ils seront toujours élevés.

«Le traitement qu’on donne aux arbres est bon pour deux ans, ce qui veut dire que tous ces frênes seront protégés l’an prochain et qu’on pourra s’appliquer à traiter d’autres arbres. Nous avons décidé d’agir rapidement, pour éviter que ça devienne financièrement insoutenable quand certaines rues perdront tous leurs arbres, car elles n’ont que des frênes», explique la conseillère.

Rappelons que dans Le Plateau-Mont-Royal, 16% du couvert d’arbres est constitué de frênes. La majorité d’entre eux se trouvent dans le district de De Lorimier.

L’arrondissement a effectué un recensement détaillé des arbres publics et a répertorié 30% des frênes privés, jusqu’ici. Leur étude sur la forêt urbaine privée se poursuivra cet été et les élus tenteront de trouver une façon d’aider les propriétaires à traiter leur frêne.

«On a eu un avis juridique à l’effet qu’on ne peut offrir de tarif préférentiel sur le produit de traitement, parce que ça favoriserait une compagnie plutôt qu’une autre. On étudie cependant la possibilité de rembourser les coûts de permis d’abattage dans cette situation ou encore peut-être rembourser les frais du traitement. Heureusement, nous avons beaucoup moins de frênes privés, dans le Plateau», continue l’élue.

Les trois scénarios étudiés

  • La stratégie du Plateau contre l’agrile prévoit notamment de couper le tiers des frênes public d’ici trois ans, soit 927 arbres. Les 1777 autres seront traités en attendant un hypothétique traitement curatif.
  • C’est le «scénario réaliste de conservation». Deux autres scénarios ont été étudiés.
  • Dans le scénario pessimiste, où la Ville laisserait aller l’insecte, tous les frênes seront morts d’ici 15 ans
  • Le scénario optimiste de conservation maximale nécessiterait d’abattre seulement 228 frênes malades et de traiter les 2476 autres tous les deux ans. C’est plus risqué, car on reporte la majorité des d’abattage (et leur coûts) aux administrations suivantes. (Avec Mathias Marchal)

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