Isabelle Bergeron Le directeur général de la CDEC Centre-Sud-Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin, monte au front contre l'abolition des CLD et CDEC.

La Corporation de développement économique et communautaire(CDEC) Centre-Sud–Plateau-Mont-Royal, sera fusionnée avec les territoires d’Outremont, Westmount, Ville-Marie et Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, dès le 31 mars prochain. Les principaux concernés ont accueilli la nouvelle avec stupéfaction.

Une rencontre aura lieu vendredi entre les intervenants des CDEC, des Centres locaux de développement (CLD) de Montréal et le maire Denis Coderre.

Ces organismes avaient proposé de faire passer de 18 à 8 le nombre de centres de développements, au maire de Montréal. Depuis, silence radio.

Ils ont toutefois eu la surprise d’apprendre le 30 janvier que la décision définitive était prise et qu’il n’y aurait que désormais six CLD. Finie donc la formule CDEC, telle que dans Le Plateau-Mont-Royal.

«On nous a montré la nouvelle constitution des conseils d’administration et ce sera à toutes fins pratiques des CLD et non plus des CDEC. Il n’y aura plus de volet communautaire. Ce sera uniquement des acteurs économiques, ce qui nous prive d’une expertise importante en développement», indique le directeur général de la CDEC Centre-Sud–Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin.

Territoire trop vaste
Le tracé initialement proposé par l’organisme de développement économique aurait compris Outremont et Rosemont–La Petite-Patrie. Le nouveau territoire actuel englobe 400 000 résidents de Montréal.

«C’est l’équivalent d’une grande ville québécoise actuellement! Ça aurait été plus logique que ce soit comme le territoire Sud-Ouest, soit environ 212 000 personnes. Nous avons une rencontre bientôt avec M. Coderre pour qu’il nous explique exactement le fonctionnement. Il faut qu’il y ait de la place pour les projets originaux et l’innovation. Nous n’avons eu aucune information sur la transition, alors que ce sera effectif le 31 mars», s’inquiète M. Rabouin.

Le conseiller de Ville du Mile End, Richard Ryan, déplore la décision du maire et se montre surpris par cette dernière.

«Nous avions voté au conseil municipal une motion pour préserver la gouvernance locale et la gouvernance à échelle humaine. M. Coderre peut s’en défendre en disant que ça demeure local, mais ce n’est plus le cas, c’est du supralocal. Le maire de Montréal veut tout contrôler. Lundi (2 février), on nous laissait encore entendre qu’il y avait place à des modifications, alors que c’est définitif et sans appel. C’est un gros power trip de M. Coderre», indique M. Ryan.

Un c.a peu représentatif
Le nouveau découpage irrite les élus du Plateau-Mont-Royal également en raison du fait que seulement deux conseillers siègeront, en rotation, sur le conseil d’administration (c.a.) ce qui signifie que des arrondissements ne seront pas représentés pendant plusieurs périodes. Les syndicats et institutions en seront également absents. Les 12 membres du conseil d’administration du CLD centre seront aussi choisi par M. Coderre.

Redécoupage électoral des CLDLe nouveau découpage des CLD et CDEC ressemble beaucoup à la fusion des arrondissements (Lecture seule) 0428 A1 UNE+PUB_Gabarit-ToutesPagesproposés par une ancienne fonctionnaire de la Ville de Montréal, selon Richard Ryan.

«Nous sommes, chez Projet Montréal, en faveur d’un partage et d’une coordination des services. Ça se fait d’ailleurs déjà entre certains arrondissements. Par contre, il faut préserver la gouvernance locale. Dans les coulisses, on entend des membres de l’Équipe Denis Coderre qui sont en colère face aux changements de CDEC et CLD . Les élus locaux de ce partie doivent manifester leur opposition à leur patron pour préserver les structures locales», conclut M. Ryan.

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