En 1976, Montréal inaugure neuf stations dans le cadre du premier prolongement d’une ligne de métro de son histoire. Récit d’un projet intimement lié à la tenue des olympiades qui a grandement façonné les quartiers de l’est de la métropole.

Mai 1970. Trois ans après la tenue de l’Expo 67, Montréal obtient les Jeux olympiques. Dans six ans, des milliers de personnes convergeront vers l’est de Montréal, site du futur stade olympique. Pour transporter cette masse importante de visiteurs et touristes, le prolongement de la ligne verte du métro, qui s’arrête alors à Frontenac, devient prioritaire.

À l’époque, le réseau comptait 26 stations. Après avoir obtenu un emprunt de plus de 400M$, la Communauté urbaine de Montréal se lance dans les travaux en 1971. Objectif: construire neuf nouvelles stations à temps pour le début des jeux.

En plus de relier le stade olympique au centre-ville, la ligne prolongée doit se rendre à l’autoroute 25, voie de transit majeure pour les visiteurs venant d’ailleurs au Québec.

Benoit Clairoux, historien et auteur d’un livre sur l’histoire du métro de Montréal, souligne qu’aucune complication technique majeure n’est survenue dans cette seconde phase. Les coûts estimés, eux, ont toutefois explosé, passant de 57M$ à 130M$ (incluant le matériel roulant).

«Le choc pétrolier, l’inflation et le prix élevé du fer ont fait augmenter la facture. Il y a eu un retard dans la livraison des voitures de métro. On a dû utiliser les anciennes voitures durant quelques mois. La station L’Assomption a été ouverte avec quelques jours de retard. Les escaliers mécaniques ne fonctionnaient pas», raconte celui est maintenant employé de la Société de transport de Montréal (STM).

Si les citoyens du quartier étaient favorables au projet, ils étaient toutefois demeurés sur leur faim avec les stations Beaudry et Frontenac, des bâtiments datant de la première mouture du métro qui étaient considérées drabes du point de vue architectural. C’est d’ailleurs pourquoi la station Préfontaine contraste de ces stations. On voulait réconcilier les gens avec leur station de métro.

«Pour la station Préfontaine, on a mis le paquet, indique M. Clairoux. Elle est située dans un parc, ses couleurs sont vives et il y a beaucoup d’ensoleillement. C’est une très belle station.»

Un moratoire malgré la réussite
Malgré les dépassements de coûts, le maire Jean Drapeau remporte son pari. Le premier prolongement de l’histoire du métro de Montréal est complété en juin 1976, juste avant les Jeux olympiques.

Quarante plus tard, «le projet remplit ses promesses et demeure un excellent investissement», soutient M. Clairoux.

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve a grandement profité du prolongement du métro. Le projet a permis de désenclaver le quartier et de faciliter les déplacements.

Sans compter qu’avec les Jeux olympiques, le quartier est devenu une plaque tournante incontournable. Les yeux du monde entier ont été rivés sur le secteur.

Malgré le succès, le gouvernement du Québec impose un moratoire sur les autres prolongements planifiés. Ils seront levés peu de temps après, mais les dépassements de coûts du prolongement de la ligne verte signalent le début de la fin des grandes ambitions pour le métro de Montréal.

L’est de la métropole n’aura d’ailleurs plus de nouvelles stations après 1976.

Omniprésence du béton
L’omniprésence du béton marque indéniablement la seconde phase du projet de prolongement de la ligne verte.

«Ça manque un peu de couleurs, mais le béton se détériore moins rapidement. Dans les anciennes stations (celles de la première phase), on retrouve davantage de matériaux mixtes. La tuile et la mosaïque sont souvent utilisées. Ça amène plus de cachet», croit Réjean Charbonneau, directeur archiviste de l’Atelier d’histoire de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.

Pour atténuer l’effet maussade du béton, les architectes et des artistes ont travaillé de concert pour faire une grande place à l’art.

À la station L’Assomption, on retrouve une murale de l’artiste Guy Montpetit, à Cadillac une murale de Jean Cartier, à Langelier une sculpture en acier inoxydable de Charles Daudelin, à Viau une œuvre en céramique de Jean-Paul Mousseau et plus encore.

Benoit Clairoux, auteur d’un livre sur l’histoire du métro de Montréal, n’hésite pas à placer la station de métro Préfontaine parmi son top 3 des plus belles stations (pour ce qui est de la portion prolongement du métro), avec les stations Radisson, pour son aspect «vaisseau spatial», et L’Assomption.

 

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