Photo tirée de Facebook Michel Cadotte

Michel Cadotte, accusé d’avoir assassiné sa femme en perte d’autonomie dans un CHSLD du Centre-Sud de Montréal, a raconté au tribunal les conditions de vie misérables de la victime, qui passait la majorité de son temps attachée dans son lit ou sur une chaise gériatrique.

Les circonstances entourant ce drame sont inhabituelles. Michel Cadotte, accusé de meurtre au deuxième degré, aurait tué Jocelyne Lizotte par compassion au Centre d’hébergement Émilie-Gamelin.

Mercredi matin, au palais de justice, l’accusé a témoigné durant son enquête sur remise en liberté sous caution. Il a parlé de la situation de pauvreté et de grande détresse dans laquelle il a été plongé à la suite de la détérioration de l’état de santé de son épouse.

Il a également raconté qu’il avait entamé les démarches afin d’obtenir pour sa femme l’aide médicale à mourir, en accord avec la volonté des fils de la victime. Or, cette demande avait été refusée parce que Mme Lizotte n’était pas en fin de vie.

Sa belle-sœur l’appui

La sœur de la victime, Johanne Lizotte, s’est portée à la défense de l’accusé.

Elle-même employée d’un CHSLD, elle a raconté au tribunal la difficile prise en charge de sa sœur par le système de santé. Elle a également expliqué la souffrance qu’elle vivait, atteinte de démence et de la maladie d’Alzheimer.

«Michel lui a tout donné, et même plus», a-t-elle affirmé.

Soulignant que son beau-frère ne représente pas un danger pour la société, elle a demandé au juge d’acquiescer à sa demande de libération sous caution.

France Cadotte, l’une des sœurs de l’accusé, a également témoigné. Elle s’est dite prête à accueillir son frère chez elle et à verser toutes ses économies en caution, soit l’équivalent de 10 000$. Le juge Michel Pennou s’est assuré qu’elle comprenait bien les conséquences en cas de bris de condition : «Je lui fais confiance, je serais la première à le dénoncer.»

Un criminologue qui a rencontré Michel Cadotte à la suite de son arrestation a également témoigné durant l’audience. Pendant son témoignage, il a décrit l’état dépressif de Michel Cadotte, diagnostiqué en 2013. Il a aussi parlé de la grande détresse affective que vivait l’accusé, qui avait «promis un dévouement total» à la victime.

La Couronne s’oppose à la remise en liberté de l’accusé car elle estime que cela minerait la confiance du public envers la justice.

Michel Cadotte a été arrêté le 20 février 2017. Il a écrit sur sa page Facebook, quelques minutes après la mort de Jocelyne Lizotte, avoir « craqué » et « consenti à sa demande d’aide à mourir ». Il concluait en disant être en attente des policiers.

La demande de libération sous caution se poursuit jeudi matin.

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