Cinq jours après les débordements dans Montréal-Nord, le maire de Montréal et ancien député de ce comté, Denis Coderre, a défendu le travail des policiers et de son administration dans ce dossier.

De retour de vacances, Denis Coderre a émis ses premiers commentaires ce lundi matin. «On a travaillé pour sauver les citoyens avant tout», a soutenu le maire, en félicitant la stratégie policière malgré les dégâts matériels.

Amené à commenter les circonstances du décès de Jean-Pierre Bony, touché par une balle de plastique, Denis Coderre se montre prudent, en évoquant la victime: «Il faut faire attention, c’est quelqu’un qui faisait partie des gangs de rue.»

Une absence décriée par certains acteurs de Montréal-Nord

«On est assis sur un baril de poudre. Il est temps que le maire Coderre prouve qu’il a bien Montréal-Nord à cœur, qu’il tape du poing sur la table», estimait en fin de semaine dernière Frantz Jean-Jacques, directeur de l’organisme Evolu-Jeunes 19-30, alors que l’ex-député de Bourassa (1997-2013), d’ordinaire hyperactif sur les réseaux sociaux, n’avait toujours ni réagi au décès de Jean-Pierre Bony, ni aux débordements du 6 avril.

Une attitude «incompréhensible» selon Will Prosper, porte-parole de Montréal-Nord Republik, l’un des organisateurs de la marche pacifiste pour Jean-Pierre Bony.

«Comment peut-il se dire régulièrement maire des Haïtiens et ne pas soutenir la communauté qui réclame une enquête transparente des forces de l’ordre après ce décès? A-t-il vraiment Montréal-Nord sur le cœur? Ne pas parler est un manque de respect pour sa population», estime M. Prosper, rappelant que Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique lors des émeutes d’août 2008, avait écourté ses vacances pour se rendre sur les lieux.

«On demande une enquête indépendante, mais il n’y a pas d’enquête indépendante parce que le bureau d’enquête indépendante n’est même pas mis sur pied encore», a rétorqué le maire, qui prenait ses premières vacances en sept ans, selon son attachée de presse, Catherine Maurice.

Luc Ferrandez, chef intérimaire de Projet Montréal, explique cette absence médiatique par «un manque d’intérêt pour la population de l’arrondissement». Ce dernier réclame également la mise en place d’un fonds de compensation afin d’aider les commerces victimes de vandalisme le 6 avril.

Le maire Coderre a balayé du revers de la main les critiques sur son absence médiatique. «Je suis un gars de Montréal-Nord depuis 42 ans. J’ai vécu 2008 de très près. Ce n’est pas parce que je n’étais pas là que je ne suivais pas la chose.» Le maire faisait confiance à son équipe composée de la mairesse suppléante, Chantal Rossi, des conseillers de Montréal-Nord, du président du comité exécutif, Pierre Desrochers, de la responsable de la sécurité publique, Anie Samson, et de la candidate à la mairie de Montréal-Nord, Christine Black. «S’il avait fallu que je revienne, je serais revenu rapidement», rassure-t-il.

«Il faut réagir rapidement»

Spécialiste des relations publiques, Pierre Gince, patron de Direction Communications Stratégiques, évoque «une règle universelle dans le monde» en cas de crise politique.

«Il faut réagir rapidement, surtout avec l’ère des réseaux sociaux, explique-t-il. Dans ce contexte, il ne faut pas attendre un moment idéal pour commenter une situation, mieux vaut parler vite avec moins d’informations.»

Notons que de nouvelles marches seraient actuellement à l’étude en lien avec décès de Jean-Pierre Bony.

 

Denis Coderre avec Christine Black, la candidate de son parti pour l'élection au poste de maire de Montréal-Nord.

Denis Coderre avec Christine Black, la candidate de son parti pour l’élection au poste de maire de Montréal-Nord.

 

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