François Lemieux/TC Media Louis-Charles Fortier a obtenu moins d'un pour cent du vote populaire dans Jacques-Cartier lors de la dernière élection provinciale, en 2014.

Depuis la victoire du Parti Égalité en 1989, les électeurs de la circonscription de Jacques-Cartier, dans l’Ouest-de-l’Île, ont donné d’écrasantes majorités au libéral Geoffrey Kelley. Candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ), Louis-Charles Fortier croit qu’il représentera, en automne, la seule voie pour les fédéralistes déçus des Libéraux.

«On a une alternative maintenant. Contrairement à la Coalition Avenir Québec (CAQ), on n’est pas fédéralistes aujourd’hui et demain, quelque chose d’autre, indique-t-il. On n’est plus obligés de toujours voter libéral par peur de voter autrement. Pour ceux qui disent que ça va diviser le vote, c’est infaisable de diviser un vote où 80% de la population est fédéraliste».

Âgé de 41 ans, le consultant en télécommunications en sera à sa deuxième élection provinciale sous la bannière conservatrice, en octobre. En 2014, il avait récolté 232 voix et moins d’un pour cent du vote il y a quatre ans.

Bilinguisme
En plus de la réduction de la taille de l’état québécois, M. Fortier fait de l’amélioration du système d’éducation québécois, notamment en ce qui a trait à l’enseignement de l’anglais, un cheval de bataille.

«On fait la promotion d’un programme d’éducation qui ferait en sorte que tous les enfants soient bilingues. Pour être compétitifs à l’international, on ne peut pas s’isoler en parlant seulement une langue. C’est impossible de réussir dans le monde sans l’anglais. On veut un Québec français, mais une population bilingue qui puisse accueillir les gens», avance-t-il.

Le candidat conservateur a récemment fustigé le député libéral Geoff Kelley à la suite du vote sur la motion de l’Assemblée nationale condamnant l’usage de la formule «Bonjour/Hi», qui sert à accueillir les clients dans les commerces québécois.

M. Kelley, qui a voté en faveur de la motion, a par la suite qualifié de tempest in a teapot (tempête dans un verre d’eau) la controverse qui a suivi.

«C’est une expression qui veut dire un orage mineur. Mais ce n’est pas un orage mineur pour la simple raison que la communauté anglophone et même allophone dans l’Ouest-de-l’Île se fait toujours piler dessus par les Libéraux. Lorsque j’ai déménagé au Québec, il y avait un million d’anglophones. Ils sont rendus seulement 600 000. Ils ne sont pas une menace», assure-t-il.

En matière de sélection des immigrants, le parti souhaite modifier la grille des critères de sélection applicables aux travailleurs qualifiés de façon à accorder le même nombre de points à la maîtrise du français qu’à celle de l’anglais.

Santé
M. Fortier identifie la santé comme principale priorité pour la circonscription de Jacques-Cartier, où se trouve le seul hôpital de l’Ouest-de-l’Île.

«C’est la priorité numéro 1 dans l’esprit de tout le monde. Il faut absolument résoudre les temps d’attente à l’Hôpital général du Lakeshore. C’est aberrant et on est à risque. Je pense qu’une génération complète de Québécois est maintenant habituée à ça. C’est rendu normal, mais ce ne l’est pas», soutient-il.

Citant les incessants travaux sur l’échangeur Turcot et la difficulté qu’ils créent pour les résidents de l’Ouest-de-l’Île de se rendre au centre-ville, M. Fortier voit dans le transport un autre enjeu prioritaire.

«Il faut une coopération plus active avec la ville. Tout l’Ouest-de-l’Île se retrouve à une voie pour entrer au centre-ville. C’est aberrant qu’on ne soit même pas capables de faire un concept d’autoroutes qui fonctionne. Je ne peux donner de plan exact parce qu’il y a tellement de choses à faire», fait-il valoir.

Parti marginal
Chargé de cours au département de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), André Lamoureux voit dans le PCQ un parti très marginal qui compte très peu de chances de faire des gains appréciables lors de la prochaine élection.

Le spécialiste en politique québécoise et canadienne soutient que le PCQ n’est pas un parti de masse. Il avance également valoir que le parti fondé en 2012 n’a pas véritablement de base sociale et ne voit pas, par ailleurs, d’avenir significatif et crédible pour lui.

«Les sondages nous l’indiquent, depuis quelques mois, du côté de la droite, l’alternative aux Libéraux, c’est vraiment la CAQ. Ce sont eux qui drainent la volonté de changement pour le moment. Le PCQ essaie de rivaliser la CAQ sur son propre terrain. Mais ça va être difficile parce qu’elle connait un certain envol dans les sondages», souligne M. Lamoureux.

Première élection devant avoir lieu à une date fixe, le scrutin provincial devrait avoir lieu au plus tard le 1er octobre.

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