Les trouvailles d’une chercheuse de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal pourraient un jour révolutionner le traitement de la leucémie en éliminant la cellule responsable de son apparition.

Dans un article publié en 2014, Trang Hoang avait annoncé avoir découvert la cellule souche à l’origine de la maladie. La chercheuse travaille actuellement à identifier des composés pouvant aider à s’en débarrasser.

«On a identifié la cellule à l’origine de la leucémie et ses besoins pour essayer de la tuer», indique la professeure titulaire au département de pharmacologie de l’UdeM et enseignante à McGill.

Cancer

Elle et son équipe étudient le cancer du sang chez l’enfant, la forme de cancer faisant le plus de ravage chez les jeunes. Si son pourcentage de guérison est élevé grâce à la chimiothérapie, le traitement est dur sur un corps en croissance et peut avoir des répercussions néfastes à long terme.

«Contrairement à d’autres cancers, comme des poumons ou de la peau, on ne peut pas actuellement prévenir la leucémie», précise Dominique Richard, directrice régionale, Division du Québec, de la Société de leucémie et lymphome du Canada (SLLC).

Selon la SLLC, 1480 enfants canadiens de 0 à 14 ans ont été diagnostiqués d’une leucémie entre 2009 et 2013.

Mme Richard affirme que les recherches de la Dre Hoang offrent une possibilité de traitements plus doux, moins invasifs.

Elle souligne d’ailleurs l’importance de la recherche pour diminuer la mortalité. Par exemple, «pour la leucémie myéloïde aiguë chez l’enfant, dans les années 60, le taux de survie était de 3% et aujourd’hui, il est de 90% grâce à la recherche», révèle-t-elle.

Vers d’éventuels médicaments

«Il faut comprendre la cellule et ses mécanismes pour trouver un traitement plus ciblé et moins dommageable. On a découvert plusieurs molécules qui tuent la cellule souche préleucémique. On est en train de les classifier pour trouver celle qui ira en essais cliniques», explique la chercheuse Trang Hoang.

Son équipe doit maintenant tester l’effet des molécules pour voir si elles attaquent les éléments desquels la cellule souche préleucémique dépend pour survivre sans endommager les cellules saines», précise-t-elle.

Des chimistes de l’IRIC aident à trouver les composés chimiques qui pourraient un jour servir à fabriquer des médicaments. Une fois identifiée la molécule pouvant éliminer la cellule souche préleucémique, il faudra s’assurer qu’elle a réellement les propriétés d’un médicament en se métabolisant dans le corps du patient, indique la scientifique.

S’attaquer aux besoins de la cellule

La cellule souche préleucémique se loge dans le thymus, une glande située dans la partie supérieure du torse, entre les poumons, et qui fabrique les cellules de notre système immunitaire.

«Une cellule qui s’autorenouvelle comme la cellule souche préleucémique va proliférer dans le thymus et accumuler des mutations», précise Mme Hoang.

Quand elle aura suffisamment de mutations, elle deviendra indépendante de son micro-environnement, se déplacera dans l’organisme et propagera le cancer. «La chimio actuelle peut tuer la cellule qui migre, mais pas la cellule souche», ajoute-t-elle.

C’est pourquoi Mme Hoang et ses collaborateurs ont recréé génétiquement le micro-environnement in vitro de la cellule préleucémique et découvert ce qui était nécessaire à sa survie: son micro-environnement et les gènes favorisant l’apparition du cancer.

En attaquant ces éléments avant qu’elle subisse des mutations, ils pourront tuer la cellule préleucémique sans toucher les cellules souches normales à l’origine du système sanguin, ces dernières ne dépendant pas de ces mêmes facteurs.

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