Michel Joanny-Furtin / TC Media La piste cyclable de la Côte-Sainte-Catherine, à Outremont.

Le projet-pilote donnant accès à la piste cyclable de Côte-Sainte-Catherine, à Outremont, ne sera pas renouvelé, cet hiver, en raison d’un resserrement du budget de l’arrondissement. À la demande plusieurs cyclistes, cette voie cyclable étalée sur 1,8 km était accessible du 15 janvier au 15 avril 2014.

Une question d’argent?
Le coût total pour l’entretien de la piste cyclable en 2013-2014 a généré des dépenses de 13 061$. L’entretien consistait à déneiger et à déglacer la piste en y étalant du sable, du sel ou des petits cailloux. L’arrondissement s’engage à continuer de déneiger la piste, mais non pas à la déglacer. L’hiver dernier, les coûts relatifs au déglaçage se sont élevés à 3000$. La voie cyclable n’étant plus sécuritaire, des panneaux de signalisation ont été posés aux entrées de la piste pour y indiquer sa fermeture.

Malgré cela, les cyclistes qui choisiront d’emprunter ce chemin ne risquent pas de contracter un constat d’infraction. «Lors des redoux de la saison, lorsque la température augmente et les chaussées sont sèches, la voie sera plus apte pour les déplacements en vélo», explique M. Leclerc.

Des conséquences
L’association des piétons et cyclistes d’Outremont est naturellement choqué par la nouvelle décision. «On envisage l’idée de refaire un pellet-in encore cette année», lance Svi Leve, porte-parole du collectif.
Le pellet-in est une action collective posé par de nombreux cyclistes, l’année dernière, ayant déneigé la piste avec leurs pelles pour signaler à l’arrondissement leur désir qu’elle soit accessible en hiver.

L’arrondissement s’est engagé à déneiger la piste cyclable au même moment que le trottoir et la chaussée. Mais l’histoire semble tout autre, raconte Svi Leve, témoignant que la piste était toujours couverte de blanc alors que le trottoir avait été dégagé, jeudi dernier.

L’état de la chaussée
Magali Brebonne, agente de liaison de Vélo Québec indique le phénomène du vélo d’hiver prend de l’expansion, malgré la réticence majoritaire des citoyens à pédaler en saison froide. «Ce n’est pas le froid le problème, mais l’état de la chaussée, relate-t-elle. Les cyclistes peuvent se mettre plusieurs couches et ajouter des pneus à crampons ou à clous pour éviter de trop glisser».

La piste de Côte-Sainte-Catherine entretenue qu’à moitié risque de démotiver les personnes à pédaler l’hiver ou à les amener à emprunter la rue, fait-elle comprendre. Ce qui génère un autre enjeu, soit la cohabitation entre cyclistes et automobilistes et les tensions qui en découlent. Pour la période du 15 janvier au 15 février du projet-pilote, 2 717 cyclistes ont fait usage de la piste. L’année d’avant, aux mêmes dates, c’est seulement 330 cyclistes qui l’ont emprunté.

Braver le froid
Pour Svi Leve, pédaler représente une façon économique et pratique pour se déplacer. «Je n’ai pas à m’inquiéter de trouver un stationnement ou d’avoir à payer le parcomètre, relate-t-il. On dirait que les décideurs ne sont pas des cyclistes».

Cette piste bénéficie à plusieurs même l’hiver, observe-t-il. Il pense notamment aux nombreux étudiants, aux professeurs et aux médecins, entres autres, qui l’utilisent sur une base régulière. «Il y a même une communauté virtuelle de cyclistes d’hiver de Montréal sur Facebook, lance-t-il. J’ai l’impression que ceux qui ont pris cette décision ne sont pas des cyclistes».

Pédaler l’hiver en ville
Les pistes cyclables de Montréal s’étalent sur plus de 640 km au total. La Ville de Montréal a accepté de déneiger jusqu’à concurrence de 260 km de ces voies de circulation. Le déglaçage des voies cyclables demeure à la discrétion de chaque arrondissement.

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